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28/09/2018

Fernand Zogoué (Directeur des Editions Paix et Développement): "Evariste Méambly est un imposteur qu'il faut combattre dans sa course au pouvoir dans le Guemon"






Fernand Zogoué, directeur des Editions Paix et Développement, a bien voulu accorder une interview aux "Mouvements du Fromager", pour dénoncer ce qu'il croit être une imposture, et attirer implicitement la vigilance des électeurs du Guemon sur le choix de leur candidat.



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Monsieur le Directeur, que nous vaut cette visite inattendue aux « Mouvements du Fromager » ?
Je suis ici pour rendre publique une situation causée par l’imposture d’Evariste Méambly qui fait office de président du Conseil Régional du Guemon. En effet, cet homme qui était très actif auprès des patriotes au plus fort de la lutte pour la consolidation du pouvoir Gbagbo, m’a été présenté en 2012 par un parent, à une occasion exceptionnelle. Il venait de perdre face à Jean Honoré Séa au scrutin très controversé de la circonscription électorale de Facobly. Il revendiquait sa victoire en dénonçant des fraudes massives. J’ai été commis pour réagir à cette injustice criarde par une communication très offensive. Je consacrais les unes de mon défunt journal à cette nouvelle mission. Et seulement une semaine après, le Conseil Constitutionnel avait invalidé la victoire de Séa, logeant les deux candidats de Facobly à la même enseigne. Il y eut le second et enfin le troisième round qui consacra la victoire définitive du candidat Méambly. Devenu député, l’homme n’avait pas voulu s’arrêter en si bon chemin et me fit appel à nouveau pour terminer ce que j’avais si bien commencé. Cette fois-ci, je devais l’accompagner dans une autre aventure, la conquête du Conseil Régional du Guemon. Il m’avait promis monts et merveilles et en particulier la direction du bulletin d’information de cette collectivité locale qui était prévu au nombre des innovations annoncées. En l’absence d’une véritable documentation, je devais imaginer l’illustration du document de base de campagne, et cette manœuvre passait quelquefois par l’exploitation abusive des images du net. Les entreprises Méambly existent peut-être, mais je n’en avais aucune idée et je me contentais des images du net pour combler le vide quand je devais parler par exemple d’une ferme qui se trouverait à Anyama. En un mot, j’ai usé de mon professionnalisme pour réaliser le document de campagne en 10.000 exemplaires pour soutenir la fiction telle qu’elle se reflétait dans ce document. Après sa victoire à cette autre compétition, non seulement j’ai été payé en monnaie de singe, mais pire, toutes les promesses électoralistes n’ont été suivies d’aucun effet. De 2013 jusqu’en mai 2018, je n’ai eu aucun contact avec cet élu d’une autre époque qui a savouré tout seul le fruit de mon dur labeur. Je n’avais pas trouvé utile de l’honorer en lui faisant un procès, car il y a des moments où le silence est le meilleur des choix. Au début du mois de juin 2018, il me confie une nouvelle mission qui consiste à réaliser un journal de campagne de 24 pages. J’ai dû effectuer une mission d’évaluation de ses réalisations à travers tout le Guemon avant de réaliser ce précieux document qui lui donne une longueur d’avance sur les autres candidats. Après l’impression de 5000 exemplaires, il me propose le rachat de la source de ce document à un prix dérisoire pour l’exploiter en dehors des Editions Paix et Développement, la seule structure à jouir des droits réservés à cette propriété intellectuelle. Devant mon refus, il multiplie les actes d’intimidation et de menace dans le but d’obtenir mon accord qui du reste est indispensable pour une exploitation même partielle de cette propriété intellectuelle. Minimisant cet accord, il s’est permis d’affecter 1000 des 5000 premiers exemplaires à sa pré-campagne électorale. Il s’agit d’une imposture inacceptable et qui ne sera pas acceptée.

Vous êtes tous des enfants de l’Ouest, et la fibre affective régionale devrait vous condamner à la retenue, pourquoi portez-vous une affaire qui pouvait bien se régler dans la plus grande discrétion sur la place publique ?
Dans notre convention d’édition qui est malheureusement verbale, nous avions prévu d’imprimer 20.000 exemplaires de ce document. Et à l’occasion du lancement de la pré-campagne dans un espace gastronomique de Yopougon, il était plus qu’urgent d’en produire 5000. Le temps qui m’était imparti pour répondre à l’attente de ce client que je considère comme le plus compliqué, était pratiquement insignifiant. Notre séance de travail de la veille s’est terminée après 21h, il appelait ses collaborateurs de tous les départements du Guemon pour mettre à jour ses différentes listes de réalisations, et éviter ainsi la dichotomie entre les chiffres du journal et ceux des infographistes opérant en amont pour l’efficacité du travail. Toutes les maisons de photocomposition étaient déjà fermées pour le flashage des films qui étaient attendus au plus tard à 23h à l’imprimerie. C’était un vendredi, alors que les imprimeries sont fermées les samedis. Techniquement, le délai de Méambly n’était pas raisonnable, mais il refusait de le comprendre, il attendait de moi un véritable miracle. J’ai dû convaincre l’imprimeur de m’accorder une dérogation spéciale pour imprimer ces journaux exceptionnellement, en acceptant de supporter les frais occasionnés par le temps de travail supplémentaire pour des ouvriers qui étaient de repos. Jusqu’aujourd’hui, Méambly ne sait pas combien un tel engagement m’a coûté, il pense peut-être que cette imprimerie m’appartient et que je peux y faire tout ce que je veux. Au lancement de la pré-campagne, il était heureux de distribuer ces journaux à ses invités, et à ma grande surprise il m’appelle tard dans la nuit pour m’inviter à une séance de travail le lendemain. Séance tenante, il ordonne des modifications, créant une autre «une» consacrée à Laurent Gbagbo en dernière page. Je venais de comprendre que Mme Gbagbo venant de sortir fraîchement de prison, la libération de son mari ne souffrirait plus d’aucun doute. Voilà un fonds de commerce qu’il faut exploiter. C’est le sens de cet opportunisme de Méambly qui veut s’attirer les faveurs des pro-Gbagbo pour améliorer son électorat fragilisé par les effets pervers de sa propre politique. C’est à cette occasion qu’il m’a proposé le rachat de la source de mon travail. Par dignité, j’ai décliné l’offre tout en lui faisant des propositions concrètes pour garantir nos intérêts communs. J’ai même sollicité la médiation de certains de ses amis, ainsi que celle de ses plus proches collaborateurs que je voudrais remercier au passage pour leur honnêteté qui aurait pu déboucher sur le dénouement de cette situation, si leur patron n’était un homme orgueilleux, suffisant et imbu de sa personne. Je regrette que je sois obligé d’explorer la voie judiciaire alors qu’il est de notoriété qu’un bon arrangement est préférable au meilleur des procès.

Voulez-vous dire que vous allez en procès contre le grand Méambly, l’homme le plus craint du pays ?
Je sais que la voie judiciaire n’est pas le meilleur choix, mais j’y ai été contraint. Je suis conscient des contraintes des procédures judiciaires, et je sais que j’attendrai encore longtemps pour la réparation des préjudices que je subis, mais la patience étant un chemin d’or, je la préfère à toutes autres alternatives. Si vous en doutiez, je voudrais vous rassurer que je ne crains personne, même pas le grand Méambly comme vous avez tendance à l’appeler. Durant toute sa campagne, je continuerai de dénoncer l’imposture dont il s’est rendu coupable pour que les électeurs du Guemon soient mieux éclairés et qu’ils n’accordent pas leur suffrage à un imposteur.

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