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04/05/2018

D'où vient le malheur de la Région du Gô?

Depuis quelques temps, un conflit ouvert provoqué par le limogeage de l'Honorable Théodore Bodi de son poste de vice-président du Conseil Régional du Gô, influence négativement le processus de développement du Gô. A quelques petits mois du prochain scrutin régional, nous vous proposons une analyse profonde de cette crise politique en mettent en relief les atouts d'un homme exceptionnel qui détient la clé du succès du PDCI-RDA dans le Gô.


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1-Djédjé Bagnon ou la loyauté faite homme
« S’il n’était pas militant du PDCI-RDA, il serait imbattable dans une région où il compte beaucoup d’admirateurs pour sa générosité jamais égalée », disaient les électeurs du Gô au plus fort de la lutte du FPI, pour justifier l’abandon de Joachim Djédjé Bagnon qu’ils appellent affectueusement papa au profit d’un nouveau parti qui portait leur espoir, les circonstances rendant indispensable leur choix. Ces propos pleins de remords mais aussi de culpabilité visaient à rassurer les analystes qui douteraient de leur attachement au baobab de Kokouézo, à la seule différence qu’ils étaient face à un douloureux choix à faire entre leur famille politique et un bienfaiteur. Les années passaient et se ressemblaient, le leader du PDCI-RDA qui aurait pu se sentir frusté de ce qui était assimilable à l’ingratitude des grands bénéficiaires de ses bienfaits, continuait de manifester sa générosité sans frontières envers eux et surtout dans les circonstances les plus malheureuses (deuil, maladie tec…). A la chute du régime Bédié, l’incertitude avait gagné l’ancien parti unique dans la mesure où les militaires qui n’avaient pas l’expérience de l’exercice du pouvoir d’Etat, pouvaient bien sévir et faire des innocentes victimes, dans la mesure où ils avaient choisi la barbarie et le désordre comme moyens de gouverner un peuple qui aspirait pourtant à la liberté et à la démocratie. Là où le FPI comptait sur les considérations purement tribales pour pêcher un gros poisson dans la mare du PDCI-RDA, ce ne fut pas le cas. Malgré les pleurs de ses admirateurs du FPI qui l’attendaient dans leur famille pour créer enfin les conditions de son plébiscite dans une région réputée hostile au PDCI-RDA, il était resté fidèle à ce parti qui l’a révélé à la Nation. Bien plus tard quand le FPI vint au pouvoir, il n’y eut aucun changement chez Djédjé Bagnon qui avait tenu à réaffirmer sa fidélité à sa famille politique, alors que tous les autres cadres dont le Ministre Vincent Pierre Lokrou avaient tous viré au FPI pour les besoins du ventre. Les cadres les plus influents du nouveau pouvoir avaient tous échoué dans leur mission de débaucher ce dinosaure des Houphouetistes pour en faire le leader du FPI dans le Fromager. Tous ces événements et bien d’autres auront enrichi davantage le parcours politique d’un homme reconnu pour son intégrité, son honnêteté et sa loyauté ; comme ils ont tracé les sillons de ce plébiscite tant attendu dans sa région natale. Devenu plus populaire, Djédjé Bagnon a été bénéficiaire d’une situation qu’il n’a pas créée. En effet, la crise post-électorale a provoqué une crise de confiance et une méfiance généralisée au FPI qui venait d’apprendre à ses dépens que le pouvoir use. L’usure de dix ans de pouvoir controversé s’illustrait tristement au détriment d’une famille politique à la croisée des chemins, qui devrait assumer sa part de responsabilité dans sa chute, même si on doit retenir qu’il a été victime du rapport de force, lui qui a osé engager un bras de fer avec la puissance tutélaire. Plus rien ne pouvait retenir les militants les plus pessimistes qui ne croyaient plus en l’avenir du FPI et qui n’avaient pas d’autres choix que de rejoindre la lutte de leur bienfaiteur de tous les temps, la façon la plus juste et peut-être la plus honnête d’éponger une vieille dette morale. Et comme si ce soutien déterminant ne suffisait pas, le FPI décida de ne pas participer à ce qu’il considérait comme une parodie d’élection, celle-là même qui a permis au plus grand des agents de développement de la région de devenir le premier président du conseil régional cuvée Ouattara. Fort de tous les mérites qui lui sont reconnus par les ressortissants du Gô dans leur diversité, Djédjé Bagnon avait une longueur d’avance sur les autres candidats, et il n’a fait que confirmer par sa brillante élection ce qui n’était encore qu’un simple désir des siens. Des événements indépendants les uns des autres ont assuré cette victoire que l’on attendait depuis des décennies, et il n’est donc pas juste de l’attribuer à des opportunistes de tous acabits comme certains ont tendance à le faire en comptant Maurice Kacou Guikahué au nombre des artisans du couronnement d’une lutte qui a demandé à ce richissime fondateur d’établissements scolaires privés une bonne dose de patience, de courage et de perspicacité.

2-Les illusions de Kakou Guikahué
Non, Guikahué ne peut pas être cité parmi les artisans de la victoire historique de Djédjé Bagnon d’autant plus qu’il n’a aucune assise politique dans sa région, et il ne serait pas exagéré d’affirmer que personne ne le reconnaît comme un acteur fiable de la vie politique de la région. Même s’il a l’avantage de connaître les rouages de la direction de son parti, il devrait avoir la sagesse de reconnaître ses limites et de ne pas tenter de les étendre en compromettant les intérêts des autres. C’est à juste titre qu’il a attendu 37 ans après le début de sa carrière politique pour briguer son premier poste électif à Gagnoa au dernier scrutin législatif, investi qu’il est d’une autorité qu’il doit à sa très courte collaboration avec le nouveau président du Conseil Régional.
De quoi s’agit-il exactement ?
Convaincu que Djédjé Bagnon qui a été de tous ses combats dans la Région du Gô, dispose de tous les atouts pour arracher la présidence du Conseil Régional de cette région, le PDCI-RDA décide de l’investir comme candidat, non sans avoir exhorté tous ses cadres à s’impliquer activement dans la campagne électorale qui commande le succès escompté. L’appel de la direction du parti ayant été entendu, plus personne ne manquait à l’appel et c’est à cette occasion qu’auréolé de son titre flatteur de secrétaire exécutif, Guikahué semblait diriger une mission dont les résultats étaient connus d’avance. Il est bon de noter que la seule présence de cet ancien ministre de Bédié auquel l’on attribue des propos hostiles à Laurent Gbagbo a suffi pour que des cadres du FPI qui voulaient soutenir le candidat dans l’ombre se rétractent à la dernière minute, pour lui faire payer le prix de son insolence. Djédjé Bagnon lui-même était conscient de ce que sa collaboration avec l’ennemi du FPI pouvait lui être préjudiciable dans son bastion, lui qui espérait ratisser large pour améliorer son électorat, mais se fondant sur certaines contingences sociales, il se sentait obligé de faire contre mauvaise fortune bon cœur, minimisant ces risques réels de ternissement de sa propre image et les conséquences qui pouvaient s’en suivre pour tolérer la compagnie d’un cadre d’une très mauvaise réputation. Il semble que le choix de Théodore Bodi, un autre cadre du PDCI-RDA de la circonscription électorale de Diégonéfla, parmi les vice-présidents du conseil régional, aurait été demandé et obtenu par Kacou Guikahué, présenté à tort ou à raison comme son mentor. Une telle faveur de la plus haute autorité de cet outil de développement envers l’un des plus proches collaborateurs de Bédié en disait long sur l’état des rapports entre ces deux sommités du Gô que le destin de leur parti devrait contraindre à l’entente et à la solidarité.
Les privilèges non justifiés accordés à Guikahué lui gonflaient les épaules au point de se considérer comme un homme incontournable auquel le nouveau président serait redevable pour le rôle joué dans sa victoire. Or, il n’en rien, Guikahué qui demeure très impopulaire dans sa propre région n’a eu aucune influence sur l’issue des urnes, étant très loin des centres de décision pour limiter encore là les risques de nuisance d’intérêt d’autrui qui semblent rimer avec sa personne. Et dire qu’il attendait la réalisation d’une promesse de Djédjé Bagnon qui ferait de lui son heureux successeur, c’est propager volontairement un mensonge grotesque. Or, on le sait, la propagation d’une telle illusion fut la première étape des différentes manœuvres de l’homme, visant à fragiliser et atteindre à l’usure le titulaire du poste qu’il convoite. Pour les besoins de la cause, Théodore Bodi était instrumentalisé, et la découverte de ses manœuvres souterraines indispensables à la réussite de la mission sordide fut à l’origine de son limogeage de son poste de vice-président, à la demande de la majorité des conseillers qui dénonçaient les attitudes pour le moins surprenantes de l’ingénieur des travaux publics qui devrait user de son expertise pour aider à la réalisation des projets du conseil et qui curieusement, investissait dans les actions de déstabilisation d’une équipe solidaire et dynamique reconnue à l’unanimité comme une chance inouïe pour la région. Pour ces agents de développement réunis autour de Djédjé Bagnon pour le développement du Gô, le départ inopiné du député de Diégonéfla du bureau du conseil régional, était le meilleur moyen de préserver la paix et la cohésion sociale au sein d’une famille unie, comme il était aussi une réaction adaptée à la menace du fauteuil du président. Depuis lors, un conflit ouvert oppose le duo Bodi-Guikahué aux développeurs en chef du Gô, influençant négativement le dynamisme de ceux-ci et par ricochet le processus de développement de la région. En réalité, le secrétaire exécutif du PDCI-RDA aurait promis monts et merveilles à son poulain contre des sommes d’argent faramineuses. Ministre, président du conseil régional, et bien d’autres promesses, faisaient rêver le parlementaire qui attendait beaucoup de son mentor, surtout qu’il se présente comme un privilégié auprès de Bédié même si ses attributions sont quasiment inexistantes. Dans l’attente de la réalisation de toutes ces promesses fallacieuses qui donnent un sens à sa vie, l’homme de Diégonéfla suit à la lettre les consignes de son patron qui selon lui a déjà tracé les sillons de sa victoire au prochain scrutin régional. Il finance à coups de millions les actions qui précèdent une telle gloire. De Gagnoa à Oumé, il s’est déjà fait remarquer par les parrainages et autres actions de haute portée politique pour assurer sa promotion politique comme pour préparer le terrain d’une compétition où il voit naïvement ses chances face à un dinosaure comme Djédjé Bagnon dont le bilan plaide en sa faveur. Diantre, quel est ce croyant qui espère contre toute espérance comme Abraham ! Quel est cet intellectuel qui manque de discernement au point de n’avoir aucun moyen de résister à de flagrants et grossiers mensonges ! Enfin quel est ce bovaryste qui s’obstine à se fier aux promesses d’un homme dont l’image a été ruinée par sa vie publique faite d’illusions. Personne ne peut percer le mystère de Bodi Théodore qui entretient volontairement l’illusion alors qu’il devrait se convaincre au regard de toutes ces promesses fallacieuses de ce que rien ne se profile à l’horizon.

3-Une réalité irréfutable et incontournable
Maurice Kacou Guikahué est celui qui a été préféré à Djédjé Madi pour une simple raison, il a une drôle de manière d’exprimer sa loyauté à Bédié. Il n’arrive jamais à cet éminent cardiologue de contredire le président du PDCI-RDA même dans les décisions les plus impopulaires qui engagent la vie du parti. Dans l’entourage immédiat de l’ancien chef de l’Etat, l’on lui reconnaît des privilèges qu’il peut monnayer, mais il préfère généralement s’en servir pour régler des comptes personnels. Il a joué cette carte pour tenter d’anéantir celui qu’il considère désormais comme son ennemi juré, car on s’en souvient, il avait réussi à obtenir de la direction de son parti la suspension de Djédjé Bagnon de toutes ses activités politiques liées à la vie du parti. Cet événement interprété comme un exploit personnel par ses partisans n’avait été que de très courte durée dans la mesure où le parti avait vite compris qu’il courait à sa perte en combattant celui qui détient la clé de son succès dans le Gô. Rétabli dans toutes ses fonctions politiques, le leader du PDCI-RDA du Gô qui n’avait rien perdu de sa notoriété est devenu plus puissant, il est désormais dans la meilleure posture pour rafler tous les postes électifs au profit de son parti. Au nombre de tous les mérites qu’il doit à son bilan largement positif, il y a lieu d’insister sur un seul. A la fin du mandat du conseil général du Fromager dirigé par Jean-Baptiste Gnaoré, 3 milliards de nos francs qui lui étaient destinés étaient confisqués par le trésor public au motif que cette créance était devenue caduque du fait de la disparition constatée de l’attributaire qui entraîne inéluctablement celle de l’objet de cette attribution. Disposant de solides relations au sommet de l’Etat, Djédjé Bagnon a arraché de haute lutte cet autre succès, car des voix plus autorisées ont ordonné au trésor public de lever la caducité et de reporter cette créance contentieuse sur le budget en cours du Conseil Régional du Gô. Ce cas jurisprudentiel illustre clairement le dynamisme d’un homme, d’un agent de développement, d’un philanthrope, dont le témoignage se propage à travers le pays, créant ainsi la surprise des autres conseils régionaux édifiés par cet exploit personnel. Cité en exemple par tous les autres présidents de ces collectivités décentralisées, Joachim Djédjé Bagnon a bâti sa propre réputation qui assure progressivement son avenir. A moins qu’ils ne soient suicidaires, les grands décideurs du PDCI-RDA ne devraient pas faire un saut dans l’inconnu en confiant le destin d’une région sensible à des aventuriers politiques. C’est ici que le choix de la candidature de Djédjé Bagnon à sa propre succession devient une réalité irréfutable et incontournable. L’annonce de cette candidature par Julien Konan, son directeur de cabinet, obéit à cette logique. On peut reprocher à ce fidèle collaborateur rompu à la communication politique d’avoir eu l’audace de s’attribuer une compétence qui n’est pas la sienne, en annonçant en lieu et place des barons de son parti une importante décision, mais force est de reconnaître qu’il s’agit d’une déclaration prophétique que la direction du parti devrait confirmer dans son propre intérêt. Du coup, les oiseaux de mauvais augure renouent avec les manœuvres indignes et irresponsables. En désespoir de cause, Kacou Guikahué et ses sbires ont décidé de se réunir contre toute attente à Oumé, pour disent-ils choisir le candidat du PDCI-RDA au prochain scrutin régional. D’abord pourquoi se réunirait-on à Oumé pour un sujet qui concerne la région, alors que Gagnoa est son chef-lieu ? Ce choix en lui-même cache des objectifs suspects. Ensuite, il n’a jamais été question pour ce parti d’organiser des primaires à Gagnoa où la candidature de Djédjé Bagnon ne souffre d’aucune ambiguïté du moins pour les analystes lucides et intègres. Il semble que Bodi Théodore, encore lui, aurait été choisi par ces rêveurs d’Oumé pour représenter le PDCI-RDA à une compétition qui n’est pas à sa portée, où l’on ne vend pas cher sa peau. Plongé dans un nouveau rêve, le député de Diégonéfla aura-t-il le temps et les moyens moraux de se rendre à l’évidence en découvrant que celui qu’il considère comme son mentor l’infantilise à volonté en lui promettant le ciel alors qu’il est incapable de lui offrir la terre. Comme un enfant qui attend le Père Noel pour espérer avoir des cadeaux, Théodore Bodi attend naïvement et désespérément la réalisation des promesses fallacieuses de Kacou Guikahué qui feraient de lui le nouveau ministre du Gô, le nouveau président du conseil régional, et pourquoi pas le nouveau chef de l’Etat. Pitié pour un éminent cadre qui gagnerait à faire la paix avec Djédjé Bagnon pour prendre sa place dans le processus de développement de sa région.

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