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09/08/2017

Dédicace d'un ouvrage consacré à Bohoun Bouabré

Fernand Zogoué (auteur):"Bohoun Bouabré était un instrument de Dieu pour sauver la Côte d'Ivoire"

Le gérant des Editions Paix et Développement, auteur du livre "Paul-Antoine Bohoun Bouabré: Les 5 dimensions d'un homme providentiel", annonce la sortie d'un ouvrage tant attendu, mettant ainsi fin au suspense. Dans cette interview qu'il a bien voulu nous accorder, il parle de l'organisation de la dédicace et des objectifs qu'il poursuit en publiant un tel ouvrage cinq ans après la mort de son ami.

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Enfin, le livre annoncé depuis plusieurs mois et que tout le monde attendait impatiemment. Monsieur Fernand Zogoué, qu’avez-vous à dire à vos lecteurs qui sont las d’attendre ?
Oui, j’avais effectivement annoncé la sortie de mon ouvrage pour le 15 juillet dernier, mais j’ai été confronté à des difficultés de tous ordres par ces temps d’incertitude absolue. En Afrique, nous nous efforçons d’avoir la culture de la précision, mais de vieux réflexes s’y opposent. Entre les deux dates, la marge d’incertitude est faible mais je voudrais quand même m’excuser auprès des lecteurs qui n’ont cessé de m’appeler depuis le 15 juillet. Je suis fin prêt pour la dédicace qui sera la meilleure occasion pour beaucoup de leaders d’opinion qui ont côtoyé Paul-Antoine Bohoun Bouabré, de lui rendre hommage et contribuer ainsi à le faire découvrir dans ses dimensions cachées.

Pensez-vous que les Ivoiriens ne connaissent pas suffisamment cet homme providentiel comme vous le présentez, celui-là même qui s’était imposé à toute la Côte d’Ivoire par ses exploits au sommet de l’Etat ?
Connaître un homme d’Etat, ce n’est pas si facile. Généralement, on résume le parcours de ces personnalités qui planchent sur les dossiers brûlants de la République à leurs exploits techniques ou politiques au sommet de l’Etat. Je sais que tous les Ivoiriens connaissent le père du budget sécurisé ou de l’Armée Economique, mais je ne crois pas qu’ils connaissent Petit Paul, celui qui fut un excellent footballeur dans sa tendre jeunesse et qui de ce fait jouissait d’une célébrité exceptionnelle à Saïoua, sa localité natale. Contrairement à ce qu’on pense, Bohoun Bouabré n’a pas commencé le combat politique à l’avènement du FPI, déjà à Clermont-Ferrand où il a terminé ses études universitaires, il militait à l’UNEECI-FEANF et par la suite au MIDD. Il avait déjà l’expérience du combat politique avant d’intégrer la CURFP-FPI aux côtés de Dédi Séry. Ici, c’est un ancien étudiant de Clermont-Ferrand qui serait le mieux placé pour un tel témoignage. C’est donc à juste titre que j’avais participé à l’élaboration de « Bohoun Bouabré, le héros d’une épopée inachevée », document de base de ses obsèques, sous la direction du Professeur Séry Bailly, pour présenter l’étudiant de Clermont-Ferrand qui était très peu connu du grand public. Et de la même façon, ceux qui voudraient connaître le lycéen de Bouaké se dirigeraient vers Madi Prégnon qui fut son confident pendant son parcours scolaire. Vous comprendrez donc qu’il y a des dimensions de ce héros national qui ne sont pas facilement accessibles et je m’assigne la noble mission de les révéler aux lecteurs pour qu’ils le connaissent mieux.

Plus de cinq après la mort de Bohoun Bouabré, n’a-t-il pas été oublié par ses nombreux admirateurs? Que recherchez-vous à travers la publication de ce livre ?
Je sais que la mémoire de l’être humain est courte, mais je n’ai pas le sentiment que ce héros national a été oublié seulement cinq ans après sa mort. Les grands hommes ne meurent jamais, et Bohoun Bouabré ne peut pas mourir dans la mesure où son œuvre l’immortalise. C’est vrai que l’homme n’est plus de ce monde, mais l’on continue de parler de lui. Quand certains vantent ses mérites pour ses exploits qui ne sont plus contestables, d’autres ont tendance à le dépeindre comme un homme cruel, méchant, égoïste. Ceux qui répandent ces énormités visant à salir la mémoire de l’illustre disparu ne le connaissent pas vraiment, c’est à partir de simples préjugés qu’ils portent leur jugement. J’assimile ces attitudes ignobles à un crime auquel je suis tenu de réagir par amitié pour cet homme qui était reconnu pour sa générosité sans frontière. J’avoue que je ne peux pas défendre l’indéfendable, quand bien même je demeure reconnaissant à ce grand homme, je ne pourrais pas le défendre dans certaines situations si je n’ai pas suffisamment d’éléments pour le faire. Mais je ne resterai jamais indifférent à toute action visant à compromettre les qualités que j’ai eu à découvrir chez lui. Les oiseaux de mauvais augure, ceux-là même qui déversent de mensonges grotesques sur leur passage dans le but de nuire à la célébrité de celui qu’ils considéraient comme leur ennemi juré, ont fini par provoquer des zones d’ombre dans cette célébrité qui a survécu à sa disparition. Dans ce livre, j’élucide ces zones d’ombre pour l’éclatement de la vérité qui mettrait à nu ce que je considère comme un crime. Pour des raisons que j’ignore et qui devraient dépasser tout entendement, des délateurs impénitents avaient détérioré les rapports fraternels entre Désiré Tagro et son aîné Bohoun Bouabré. Pour les besoins de cette cause lugubre, ils colportaient des fausses informations qui jetaient l’opprobre sur l’argentier du pays. Bohoun Bouabré avait été suffisamment sali par ces marginaux, mais de grâce, je ne peux pas accepter qu’il continue de l’être même dans sa tombe. C’est inadmissible et pour cette raison, ma réaction par la publication de ce livre est légitime.

Quel public attendez-vous à cette cérémonie qui a un caractère politique même si vous semblez ne pas le dire?
Bohoun Bouabré était certes une personnalité politique, mais toute action qui le concerne ne l’est pas forcément. Beaucoup de personnes qui étaient dans son entourage immédiat m’ont déjà appelé pour m’informer qu’elles ne seront présentes à cette cérémonie qu’elles trouvent politique, pour préserver leurs intérêts auprès du nouveau régime qui serait hostile selon eux à toute liaison avec les partisans de Gbagbo. Beaucoup d’autres ont minimisé ce qu’on considère comme un risque pour confirmer leur présence effective à cette cérémonie pour rendre hommage à cet instrument que Dieu avait choisi pour sauver la Côte d'Ivoire, à défaut de créer pour l’immortaliser. J’attends donc plusieurs catégories de personnes, ses parents biologiques, certaines personnalités de sa famille politique, le Président Laurent Dona Fologo, les démocrates ivoiriens dans leur diversité, ses amis qui ont d’ailleurs du mal à réaliser qu’il est parti pour toujours. Août, c’est le mois des vacances, beaucoup d’ivoiriens de la Diaspora qui n’avaient pas eu l’occasion de participer à ses obsèques sont de passage au pays et ils ont déjà confirmé leur présence effective. Nous attendons donc un beau monde pour cette occasion qui nous est offerte pour célébrer celui qui était un véritable messie pour la Côte d’Ivoire.

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