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25/05/2017

Dr Joachim Gbalou (Président du Bureau Exécutif de la MUDEK): "Nous annonçons la sortie du tunnel, Kpapékou aura un nouveau chef très bientôt"



Docteur Joachim Gbalou, Président du Bureau Exécutif de la Mutuelle de Développement de Kpapékou (MUDEK), a bien voulu nous accorder une interview exclusive, pour contribuer à dissiper les spéculations de certains analystes à partir du dossier de la chefferie de Kpapékou, l'un des plus grands villages de la Sous-Préfecture de Ouragahio. Ici, le premier développeur de Kpapékou parle entre autres, de l'absence d'un chef dans son village, du sabotage des actions de la MUDEK pour y remédier, de l'élaboration de nouveaux textes largement consensuels pour régir la chefferie, et enfin de la sortie du tunnel prévue pour très bientôt.


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Monsieur le Président, vous avez hérité d’une situation extrêmement difficile, votre village n’a pas de chef depuis bientôt dix ans. A trois mois de la fin de votre mandat, qu’avez-vous fait concrètement pour y remédier et mériter ainsi la confiance qui a été placée en vous ?
Nous avons trouvé en place un chef intérimaire qui était en quête de légalité, puisqu’il attendait l’arrêté préfectoral qui semblait compromis par des conflits d’intérêt et d’autorité, tels qu’ils se reflètent dans les attitudes de certains cadres du village. L’analyse de sa situation nous avait donné l’espoir que nous réussirions assez facilement à accélérer le processus qui aboutirait au succès que tous les Kpapa appellent de tous leurs vœux, dans la mesure où le consensus, la principale condition, s’était déjà dégagé en sa faveur. Nous pensions que le succès escompté était largement à notre portée, les démarches administratives étant apparemment abordables. Nous n’avions aucune raison de penser que des fils de Kpapékou se complairaient dans le sabotage des actions de la MUDEK qui visent à corriger une injustice criarde, la régularisation de la situation administrative de notre chef, et pourtant ils se sont illustrés tristement par ce sabotage. Nous avons mis du temps pour découvrir ce qu’il convient d’appeler un sacrilège. Nous regrettons que le dossier que l’on devrait transmettre à Monsieur le Préfet de Région du Gô, Préfet du Département de Gagnoa, par voie hiérarchique, ait disparu miraculeusement, ne laissant aucune trace. Depuis lors, une crise sans précédent ruine nos espoirs, les mêmes sont encore là pour tenter de nous contraindre à l’échec dans les nouvelles actions qui sont les nôtres. Mais nous n’allons pas céder à ces provocations, nous sommes sûrs de notre coup après avoir dépassé le stade de l’échec. Kpapékou aura un chef très bientôt, et ce n’est plus qu’une banale question de temps.

Vous avez dépassé le stade de l’échec, que voulez-vous dire concrètement par-là, alors que les Kpapa qui n’ont pas de chef depuis plus de dix ans pensent le contraire, même s’ils ne le disent pas ?
Les Kpapa qui nous ont mis en mission dans la gestion de la MUDEK, le plus grand outil de développement du village, ne peuvent pas penser que nous avons échoué. Nous avons un bilan assez flatteur connu de tous. Ce bilan plaide inéluctablement en notre faveur, surtout pour ce qui concerne le dossier de la chefferie. Nous avons mis en place un comité d’experts composé des cadres choisis parmi les plus représentatifs du village, qui a planché sur cet important dossier. Ces éminents intellectuels ont passé au peigne fin tous les aspects de ce dossier. Des critères d’éligibilité au mode de désignation en passant par les attributions, tout a été vu et corrigé pour régler définitivement cette question qui revêt une importance capitale. Les nouveaux textes qui doivent régir la chefferie ont été validés en plénière, lors d’une assemblée générale des Kpapa à Kpapékou le samedi 4 mars 2017. Le consensus qui est conforme à la loi 2014-428 du 14 juillet 2014 portant statut des rois et chefs traditionnels, a été retenu comme mode de désignation du prochain chef de Kpapékou. Seul Gri Pierre s’est opposé solennellement au choix des 4 autres chefs de famille. Nous aurions pu nous contenter du consensus qui venait de se réaliser pour avancer, mais pour manifester notre attachement à la solidarité, nous avons tenu à respecter cette position individuelle, en dépêchant Messieurs Kpolo Zato et Okli Denis auprès de lui, pour le convaincre de revenir à de meilleurs sentiments dans l’intérêt supérieur du village. Nous n’y étions pas obligés, ce n’est pas une condition sine qua none pour passer à la phase finale, le choix du chef, mais nous avons une obligation de courtoisie vis-à-vis de tous les Kpapa que nous avons manifestée en agissant ainsi. Aujourd’hui plus que jamais, plus rien ne peut nous empêcher de terminer en beauté ce que nous avons si bien commencé. Vous comprendrez pourquoi j’affirme que nous avons dépassé le stade de l’échec.

Vous semblez si confiant comme si tout était accompli pour vous, comme si vous minimisiez tous ces obstacles qui sont dressés sur votre chemin. Quelle est votre véritable source d’espoir ?
Nous ne sommes que de simples individus, mais investis de la mission de tout un village, nous devenons puissants. Cette mission nous confère à n’en point douter une puissance incontestable pour faire appliquer les décisions prises lors de l’Assemblée Générale du 4 mars 2107 à Kpapékou. J’informe tous les Kpapa que le mode de désignation du Chef du village de Kpapékou décidé par les Kpapa émane du Règlement Intérieur de la Chefferie de Kpapékou qui stipule en son Article 10 ce qui suit : L’organe habilité à designer le Chef du village est composé des cinq (5) Chefs des grandes Familles ou leurs représentants dûment mandatés.
Cette décision logique prise par les Kpapa est à notre sens juste et non contestable, parce que chaque famille de Kpapékou désigne son Chef en toute liberté, et celui-ci devrait être le plus représentatif pour parler en son nom.

Dans trois petits mois, votre mandat arrive à expiration, en êtes-vous conscient et pensez-vous disposer d’assez de temps pour réussir l’exploit de donner un chef à votre village ?
Oui, nous sommes à trois petits mois de la fin de notre mandat pour emprunter vos propres termes, mais il est de notoriété que c’est un nouveau mandat qui met fin à un ancien. C’est donc l’avènement d’une nouvelle équipe à la tête de la MUDEK qui serait synonyme de la fin réelle de notre mission. Et d’ailleurs, il n’est pas exclu que nous rempilions pour un second mandat contrairement à ce que certains pensent. C’est vrai que des actes de dénigrement et d’intimidation fusent de tous les horizons pour nous freiner dans notre élan de gagneur, mais notre sérénité étant inébranlable, nous avons la conviction que nous donnerons enfin un chef à notre village, en veillant au respect scrupuleux de la résolution majeure de notre AG, c’est-à-dire que les 5 chefs de famille se réuniront très bientôt pour choisir le nouveau chef de Kpapékou. Quand nous disons très bientôt, nous mesurons nos propos. Nous savons que l’on pourrait nous reprocher le manque de précision, mais nous préférons un tel reproche à une promesse qui viendrait de nous et qui tarderait à se réaliser dans les délais prévus. Nous exhortons nos frères et sœurs à prendre leur mal en patience, parce qu’au moins pouvons-nous promettre de répondre à leur attente pour mériter la confiance qu’ils ont placée en nous, en nous portant au pouvoir malgré les tapages de nos détracteurs.

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