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07/05/2017

Inauguration de l'Hôlel Le Nouveau Fromager de Gagnoa

La Ville de Gagnoa a connu une animation particulière le samedi 6 mai dernier. En effet, c'était l'inauguration de l'Hôtel Le Fromager racheté et réhabilité par un fils de la région. Dans son discours, Monsieur Ambroise Kessié, PDG du Groupe Kessié, le nouveau propriétaire du complexe hôtelier le plus prestigieux de la Région du Gô, s'est réjoui de ce que ce véritable défi soit relevé par un fils du Gô, alors qu'il aurait pu l'être par un agent de développement d'une autre région. Aussi, a-t-il lancé un appel fraternel à ses frères et sœurs, ses nouveaux partenaires selon lui, pour qu'ils s'impliquent dans le rayonnement de ce nouveau pôle d'attraction du secteur touristique, auquel l'on assigne désormais de nouveaux objectifs, au risque de voir retomber dans en ruine; car là, ce serait catastrophique.



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Monsieur le Préfet de Région du Gô, Préfet du Département de Gagnoa,
Monsieur le Président du Conseil Régional du Gô,
Monsieur le Maire de la Commune de Gagnoa,
Monsieur le Député de Gagnoa-commune
Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Préfectoral du Gô,
Mesdames et Messieurs les Directeurs Régionaux, Départementaux et Chefs de Service,
Distinguées Personnalités Religieuses et Coutumières,
Honorables Invités,
Chères sœurs, chers frères,
Mesdames, Messieurs,

Le Fromager que nous inaugurons aujourd’hui est le plus prestigieux complexe hôtelier que la défunte SIETHO a pu offrir à notre région, à l’occasion de la fête de l’indépendance qui a été célébrée en août 1970 à Gagnoa. Pendant longtemps, il a fait notre fierté, puisqu’il était le seul cadre adapté aux plus importantes cérémonies de la ville. Malheureusement, ce joyau architectural n’a pas pu échapper à la crise économique qui secoue le monde entier depuis des décennies et a fini par tomber en ruine sous nos yeux, impuissants que nous sommes face à cette cruelle réalité. Quel gâchis!
Racheté par un fils de la région, il aurait pu renaître de ses cendres avec un minimum de moyens, mais on peut s’imaginer que l’acquisition d’un tel bien dans un contexte macroéconomique marqué par la rareté des capitaux, pouvait s’avérer éprouvant pour l’acquéreur, à telle enseigne qu’il n’aurait même pas les moyens de sa réhabilitation après une transaction périlleuse. Oui, notre frère avait voulu sauver un véritable label, il avait bien joué sa partition, mais l’absence d’un partenariat efficace lui avait été fatale. Contraint d’abandonner ce qui aurait pu être un bon investissement par la force des choses, c’est avec lui que le Fromager connût son second déclin, plongeant encore une fois les Gognoa dans la désolation. Pendant que les plus pessimistes pleuraient pour cette grande perte, d’autres au contraire priaient pour être des instruments que Dieu qui utiliserait pour remédier à la disparition du riche patrimoine de la région qui passerait inéluctablement par la renaissance du Fromager de ses cendres.
Mesdames, Messieurs, au cours de certains voyages d’affaires en Europe, j’ai été agréablement surpris quand d’éminentes personnalités étrangères qui connaissent bien notre région m’ont parlé de l’Hôtel Le Fromager qui était leur lieu de prédilection. J’étais à la fois fier et nostalgique, convaincu que nous étions bien loin de l’époque dont il parlait, mais je ne pouvais pas les décevoir en leur annonçant une mauvaise nouvelle, en leur disant que cet endroit jadis paradisiaque qui n’avait rien à envier à certains complexes hôteliers européens, n’était plus fonctionnel; la crise économique ayant fait son effet, il ne disposait plus de marge d’autofinancement pour assurer l’entretien que la dégradation progressive rendait nécessaire. Et c’est dans ces circonstances quelque peu confuses que notre région a perdu le plus précieux de ses atouts touristiques. Ne dit-on pas que les voyages forment l’entendement ? Les enseignements de mes nombreux séjours européens m’ont permis de comprendre la nécessité de me lancer dans une nouvelle aventure, acquérir Le Fromager et le réhabiliter pour sauver un label. En le faisant, je réagis à une injustice criarde, car c’est inacceptable de demeurer indifférent à une situation qui interpelle toutes les filles et tous les fils de la Région du Gô. Connaissant les réalités de l’hôtellerie et surtout celles de l’Intérieur du pays où il y a très peu d’animation en semaine, je ne peux pas préjuger de la rentabilité de cet investissement, mais au moins puis-je me réjouir d’un fait singulier, un fils de Gagnoa a pu relever un important défi.
Mesdames, Messieurs, je suis le plus heureux ce matin quand je pense qu’il s’agit d’un motif de satisfaction pour toutes mes sœurs et tous mes frères qui n’auraient jamais supporté qu’un agent de développement d’une autre région vole au secours de la nôtre, notre instinct de conservation s’en trouverait gravement menacé, et nous perdrions notre dignité.
Aujourd’hui plus que jamais, nous n’avons plus d’affront à laver. Ensemble savourons ce qu’il convient d’appeler une victoire commune, la réouverture d’un bien commun, Le Nouveau Fromager, c’est-à-dire un nouvel établissement, de nouveaux enjeux, de nouvelles ambitions et de nouveaux objectifs. C’est vrai que nous avons sauvé un label, mais nos tarifs ne sont pas pour autant labélisés, ils ont été plutôt étudiés pour qu’ils soient accessibles à toutes les classes sociales. Ce matin, je vous redonne votre hôtel qui vous a tant manqué, c’est à vous de jouer en participant à sa vie par votre fidélité, au risque de le revoir tomber en ruine encore une fois, ce serait catastrophique. C’est une simple éventualité et non une évidence dans la mesure où vous cernez aisément le rôle qui vous est dévolu dans le rayonnement de ce nouvel établissement, et je n’ai aucun doute que vous le jouerez pleinement pour que notre partenariat soit le gage de notre succès que nous appelons de tous nos vœux.
Que l’Hôtel Le Nouveau Fromager, soit la nouvelle adresse pour tous les grands rendez-vous de la Région !
Je vous remercie !


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