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02/02/2017

Mme Solange Tohouri Aziallo (Présidente de la Fondation Marcel Aziallo):"J'ai créé un cadre juridique pour m'adapter à l'évolution de la société"




Madame Solange Tohouri Aziallo est présidente de la Fondation Marcel Aziallo. Dans cette interview, elle parle du combat qu’elle menait avec son défunt époux, et qu’elle poursuit désormais dans un cadre juridique approprié. A travers des actions concrètes, elle dévoile le sens réel de son combat.

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Madame Solange Aziallo, vous êtes la présidente de la Fondation Marcel Aziallo, une structure qui porte le nom de votre défunt époux, voulez-vous la présenter?
Mon mari et moi étions engagés dans un combat noble, l’assistance d’une bonne frange de la population défavorisée par sa condition sociale, et particulièrement des enfants qui n’ont pas demandé à naître et qui subissent les épreuves les plus difficiles de la vie. Parmi eux, il y a des orphelins et des victimes de la situation précaire de leurs parents. Après le décès de mon époux, il y a eu un passage à vide dans la mesure où je n’ai pas surmonté facilement et rapidement cette grande perte. Dix ans, après j’ai créé cette fondation pour qu’elle serve de cadre juridique aux actions sociales que je dirige à travers le pays pour le bonheur de cette frange ciblée. En d’autres termes nous constituons un appoint nécessaire à la politique sociale à une époque où la mission du Gouvernement est devenue plus complexe au regard des crises que le pays a connues.

Marcel Aziallo a prospéré dans la fondation d’établissements scolaires privés, il est plutôt célèbre dans les milieux d’affaires. Avait-il d’autres à son arc ?
Mon époux était un ami, un confident, un complice. C’est vrai que sa qualité de fondateur faisait ombrage à beaucoup d’activités extra-professionnelles exercées dans la plus grande discrétion. Nous appuyions financièrement et matériellement les aumôneries des communautés chrétiennes, et ces appuis financiers visaient surtout les orphelinats et d’autres centres d’assistance de l’enfance en danger. Marcel Aziallo était un ancien pensionnaire des villages SOS, sa condition sociale le prédestinait à l’échec, mais il n’en a rien été. Comment ce démuni qui était contraint à l’échec a-t-il pu braver toutes ces épreuves pour réussir ses études et embrasser une carrière professionnelle reluisante. Le parcours professionnel de mon époux est révélateur de la grâce de Dieu dans sa vie. Il en était conscient et ne ratait la moindre occasion de lui exprimer sa gratitude. Et cette gratitude se manifestait par une générosité sans frontière et sans zone d’ombre. J’avoue que son attachement et sa participation à l’œuvre de Dieu m’avait mise en confiance car dit-on que personne ne peut séparer ce que Dieu a uni, Dieu veillait sur nous et formait pour notre couple des projets de paix et de concorde.

Est-ce à dire que vous étiez en phase dans cette œuvre de bienfaisance ?
Nous nous ressemblions par notre attachement aux actions sociales, et c’est sans aucun doute cette réalité qui a consolidé notre vie conjugale. Mon époux demandait toujours mon avis quand il voulait s’investir dans une action sociale, pour être sûr de ne pas se tromper. Je l’y encourageais en donnant des raisons supplémentaires de la justesse de cette action. J’étais donc à la fois son associée et sa caution. Je suis très gênée de parler aujourd’hui sur la place publique d’un combat singulier qui était mené dans la plus grande discrétion, mais je subis la logique du cadre juridique que je viens de créer pour évoluer dans ma mission. Je dois communiquer pour avoir de nouveaux partenaires car un combat solitaire a très peu de chance d’aboutir.

Vous étiez à Grand Lahou à l’occasion de la fête de Noël, et vous y aviez fait des heureux parmi des enfants issus de parents démunis. Voulez-vous nous parler de cette autre action de la Fondation Marcel Aziallo ?
Je l’ai déjà dit, l’assistance à l’enfance en danger est le véritable sens que je voudrais attribuer à mon combat. Quand je vois que sans être dans l’abondance, mes enfants ont le strict minimum vital, je trouve anormal que d’autres n’arrivent même pas à manger à leur faim, ils sont privés des besoins les plus élémentaires que requiert leur épanouissement. Tous les jours se ressemblent pour eux, ils sont encore plus malheureux quand Noël, la fête des enfants, arrive. Il fallait donc combler leurs désirs circonstanciels par des petits cadeaux distribués à l’occasion d’une cérémonie de réjouissance. Je veux multiplier ces actions sociales, mais encore faut-il que j’en ai les moyens. Je suis donc à la recherche de partenaires qui ont la même vision que moi, car ensemble tout devient facile.

Avez-vous un message particulier à l’endroit de vos compatriotes ?
Je le dis souvent, l’Etat ne peut plus tout faire, il a déjà assez de problème pour financer son budget annuel. La multiplication des initiatives privées convergerait inéluctablement vers les objectifs visés par l’Etat. C’est vrai qu’il existe des actions qui sont exclusivement réservées à l’Etat, mais beaucoup d’autres sont à notre portée et peuvent se réaliser grâce aux initiatives privées. Je souhaite que ce message soit entendu pour que d’autres compatriotes s’engagent dans d’autres domaines de la vie. Je vois bien que le taux d’alphabétisation s’est amélioré, mais il n’est pas encore satisfaisant. Je voudrais féliciter les fondateurs des ONG engagés aux côtés de l’Etat pour contribuer à l’amélioration des indicateurs du bien-être social.

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