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28/02/2016

Pasteur Badiel, la disparition inopinée d’un véritable serviteur de Dieu

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Le chemin qui mène à Dieu, nous le savons, est parsemé d’embuche. C’est pourquoi cette marche glorieuse que nous souhaitons avec l’Eternel n’est pas toujours facile.
En réalité, nous affichons notre volonté de faire celle de Dieu, mais cela suppose sa grâce sans laquelle rien n’est possible. «Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair : j’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien», dit la Bible dans Romains 7/18.
Quand la grâce de Dieu nous abandonne et que nous sommes conduits par la chair, nous ne faisons plus sa volonté quand bien même nous confessons Jésus comme notre sauveur personnel. Le chrétien est en permanence entre le doute et l’espoir, entre la crainte du dernier jugement qui peut déboucher sur des grincements de dents et l’assurance résultant de la paix avec le Seigneur Jésus. Car sait-on jamais le jour de notre rappel à Dieu, un mystère qui relève de la souveraineté de Dieu.
Oui, le chrétien se remet en cause en permanence, car un goût d’inachevé accompagne toujours ses œuvres. La foi même affermie peut-elle résister à cette crainte permanente de l’avenir qui s’interprète comme le plus redoutable de ses obstacles ?
Rien n’est moins sûr. La cohabitation entre la crainte et la foi rend illusoire l’assurance de notre salut. Et nous demandons toujours à notre conscience s’il nous est possible d’exprimer cet amour pour notre Dieu, en gardant scrupuleusement ses commandements (Jean 14/21).
C’est donc avec beaucoup de réserve que nous affirmons l’assurance de notre salut dans la mesure où une voix silencieuse s’élève toujours en nous pour tenter de nous convaincre du contraire. A ce niveau du combat spirituel, les témoignages édifiants relaient les écritures saintes dans notre vie de tous les jours.
Le témoignage du Pasteur Badiel, la bénédiction faite homme, a rassuré à n’en point douter ceux qui pensaient que l’obéissance totale aux écritures saintes était utopique. L’amour, l’humilité, la communion fraternelle, la fraction du pain, le service chrétien, sont inéluctablement le sens qu’on peut attribuer à la vie de cet instrument de Dieu dont le témoignage a édifié de nombreux chrétiens. L’humilité précède la gloire (Proverbes 15/33), le brisement qui est le présupposé de l’humilité est l’étape la plus importante du parcours d'un chrétien. Et malheureusement, beaucoup de chrétiens ratent cette étape et se laissent détruire par l’orgueil. L’humilité du Pasteur Badiel se manifestait par le travail, sa véritable raison de vivre. Pendant que ses collègues marquaient une pause consacrée au repas, au repos ou à des activités extra-professionnelles, il s’employait toujours à entretenir son petit jardin botanique qui participe à la beauté du siège de l’Eglise Baptiste Œuvres et Mission Internationale, sa communauté. Son amour pour le travail bien fait le contraignait à travailler à un rythme incroyable, tel un vulgaire ouvrier qui cherchait à exprimer sa loyauté à son patron. Quelle humilité! Personne ne pouvait percer son mystère. Dans la société moderne d’aujourd’hui où le travail est rémunéré à sa productivité marginale, quel serait le salaire nominal de celui qui ne s’accorde jamais de repos avant la fin de la journée? C’est ici que le service chrétien trouve son vrai sens, car le salaire d’un ouvrier du Seigneur ne s’apprécie jamais en termes de numéraires.
Avec ce serviteur de Dieu droit comme une aiguille, les chrétiens de sa communauté auront compris le vrai sens du service chrétien. Toujours prêt à donner alors qu’il n’espérait rien en retour. Le sourire était sa première offrande à ses interlocuteurs, un sourire qui reflétait toutes les vertus dont l’amour qui dominait toutes ses actions. Plusieurs fois, il m’a offert des bouteilles de médicaments qu’il a réalisés sous l’inspiration du Seigneur, alors qu’il aurait pu les commercialiser s’il était cupide. Tout porte à croire que l’argent que Ricardo définit comme un simple numéraire visant à faciliter les transactions entre les agents économiques, n’avait aucune importance chez lui. S’il voulait monnayer tous ses atouts, il serait sans aucun doute l’un des plus riches de ce pays. Mais il a voulu rester en conformité avec les écritures pour être en paix avec le Seigneur. C’est le lieu d’affirmer que celui que nous pleurons aujourd’hui parce que la chair supporte difficilement la séparation, nous a précédés dans le royaume céleste. Pour lui comme tous ceux qui ont cru en Jésus et en celui qui l’a envoyé, la mort n’est qu’un transit pour la vie éternelle. Nous devons glorifier notre Dieu qui l’a déjà reçu auprès de lui.
Amen !

Fernand Zogoué

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