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24/02/2016

Interview de Fernand Zogoué

Fernand Zogoué (Auteur du livre « Qui a trahi Gbagbo ? Procès de l’entourage du président »:
« Les révélations du procès de Gbagbo ont été annoncées dans mon livre »

Un peu plus d’un an après la dédicace controversée de son premier livre intitulé « Qui a trahi Gbagbo ? Procès de l’entourage du président », Fernand Zogoué rompt le silence à l’occasion du lancement de la distribution de cet ouvrage inédit que les démocrates attendent. Dans cette interview exclusive, il le présente en insistant sur la prémonition qui le caractérise.

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Monsieur l’auteur, un an après sa dédicace, votre livre « Qui a trahi Gbagbo ? Procès de l’entourage du président », est enfin sur le marché. Quelles sont les raisons d’un si grand retard ?
C’est effectivement en novembre 2014 que j’avais organisé la dédicace de ce livre qui était d’ailleurs très attendu par les démocrates ivoiriens dans leur diversité, à la Caistab du Plateau, après d’énormes difficultés causées par Novotel qui devait abriter cette cérémonie et qui s’était rétracté la veille. Je ne voudrais plus revenir sur ces circonstances douloureuses qui avaient été suffisamment décrites à cette époque, mais je retiens seulement que cet établissement du Groupe Accor m’a causé d’énormes préjudices qui se sont soldés par un important manque à gagner dans la mesure où les visiteurs que j’attendais n’ont pas pu participer à la cérémonie, simplement parce qu’elle avait été délocalisée à la dernière minute. Novotel qui avait pris l’engagement de leur indiquer la nouvelle adresse, n’avait pas tenu parole. Les résultats financiers liés à ces facteurs ont été catastrophiques. Cette aventure m’a laissé des dettes qui m’ont déstabilisé. Car ce n’est pas si facile de convaincre les créanciers quand il n’y a pas d’espoir à l’horizon, quand il n’y a aucune mesure de compensation. J’ai mis un peu plus d’un an pour vaincre le découragement consécutif à cette malheureuse situation, et c’est maintenant que j’ai eu le courage de signer un contrat avec Edipresse pour une distribution qui devrait se faire beaucoup plus tôt. Il vaut mieux tard que jamais, dirait-on.

Le procès de Laurent Gbagbo a débuté et des lueurs d’espoir pointent à l’horizon avec les tergiversations de l’accusation. C’est ce moment que vous choisissez pour démarrer la distribution de votre ouvrage. S’agit-il d’une simple coïncidence ?
Une simple coïncidence ? Je dirais non. J’avoue que l’atmosphère créée par l’incapacité de Fatou Bensouda d’apporter les preuves de la culpabilité de Laurent Gbagbo m’a quelque peu galvanisé, moi qui avais oublié la prochaine étape de la réalisation de mon projet, c’est-à-dire la distribution. J’avais l’impression que l’échec était consommé alors que j’hallucinais tout simplement. Les révélations de ce procès m’ont renvoyé à mon livre où elles ont été prédites. C’est donc la prémonition telle qu’elle apparaît à travers ce livre qui m’a poussé à poursuivre ce processus aléatoire qu’est sa réalisation. Je voudrais partager avec les nombreux démocrates de mon pays ma vision, car ce livre en est le reflet intégral. Je réalise que le temps semble me donner raison, dans la mesure où tout ce que j’ai annoncé dans mon livre est en train de se réaliser dans le temps. C’est un véritable motif de satisfaction que je ne peux pas bouder. D’ailleurs, ceux qui possèdent ce livre et qui l’ont déjà lu, m’ont appelé pour me convaincre de le mettre sur le marché. J’ai tenu compte de leur avis et de l’exigence de ma propre conscience pour prendre cette importante décision. J’ai affirmé que Laurent Gbagbo ne sera pas condamné en l’absence de véritables chefs d’accusation, et le monde entier fait ce curieux constat. A la lumière du droit, l’innocence de ce mystérieux justiciable ne souffre d’aucun doute. A la joie d’avoir prédit le sort d’un homme charismatique qui porte l’espoir de tout un continent, s’ajoute une raison purement pécuniaire, l’opportunité de mieux vendre dans des circonstances devenues favorables. Voilà les deux principales raisons de démarrer la distribution de mon livre.

Il semble que vous avez été impitoyable envers certains barons de l’ancien régime. Qu’en est-il exactement ?
Je me suis adressé à ceux qui ont trahi Laurent Gbagbo. Ses opposants ne l’ont pas trahi, ils étaient dans leur logique, même quand ils semaient la terreur à travers le pays. Ce sont des partisans de la violence, et ils prospèrent dans la violence sans aucun remords. Mais moi j’ai jeté un regard critique autour de l’ancien chef de l’Etat, et j’ai fait le procès de ceux qui devraient l’aider à consolider son pouvoir et qui ont failli à cette mission à cause de la recherche d’intérêts égoïstes. Aujourd’hui, nombre d’entre eux se la coulent douce loin des réalités quotidiennes des vrais partisans de Gbagbo. Ils possèdent des somptueuses propriétés dans la sous-région où ils se font remarquer par leur train de vie. J’avoue que je suis sidéré quand ces faux bourgeois se considèrent comme des exilés politiques alors que dans leur cas, il s’agit d’exil volontaire. Autant que nous sommes, nous sommes témoins des atrocités qui ont suivi la chute de Laurent Gbagbo. Des pro-Gbagbo étaient traqués sur toute l’étendue du territoire national, et l’exil a été une nécessité vitale pour eux. Nous les connaissons tous et nous continuons de les soutenir dans leur situation actuelle. Mais en cavale, les traîtres ne méritent pas le soutien qu’ils espèrent abusivement des pro-Gbagbo. J’ai dénoncé toutes leurs pratiques et établi un lien entre ce qu’il convient d’appeler des crimes et la chute d’un homme charismatique qui a eu tort de les avoir rassemblés autour de lui. Certains ont cru bien faire en me proférant des menaces. Mais je crois qu’ils ne me connaissent pas, ils ne savent pas que je suis un peu comme mon ami Gnahoua Zibrabi, je n’ai pas peur des menaces. En ma qualité de communicateur, j’ai des devoirs envers les démocrates de ce pays, et je crois les avoir assumés pleinement par mon intrépidité qui s’est manifestée tout au long de ce livre.

Ainsi donc le directeur de publication du Magazine Paix et Développement est entré dans le cercle des écrivains. Y a-t-il une raison principale à un tel événement ?
C’est vrai, je suis arrivé dans un milieu où je n’étais pas attendu de sitôt. Autant j’aime lire, autant je n’avais jamais prévu de devenir écrivain. Mais j’ai été contrarié par les épreuves de la vie. Je n’avais jamais pensé que des Ivoiriens s’attaqueraient à la mère patrie, et pourtant c’est ce qui a été fait en 2002. La douleur consécutive à ce drame a été ma meilleure source d’inspiration. Je suis d’ailleurs en train de terminer un autre livre qui sera sur le marché dans quelques semaines. On ne le dira jamais assez, nous sommes des témoins privilégiés de notre époque, et la falsification de l’histoire qui est l’âme d’un peuple ne devrait pas se faire sous nos yeux. J’écris donc pour jouer ma partition dans la lutte contre l’interprétation tendancieuse des faits et surtout la falsification de l’histoire. Ce combat personnel qui me révèle aux grands démocrates de mon pays, est le seul sens qu’on peut attribuer à mon livre.

Commentaires

Mon frère, félicitation pour ce livre qui fait éclater la vérité qu'on nous cache.

Écrit par : Lorou Sébastien | 25/02/2016

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