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09/11/2014

Fernand Zogoué (Auteur du livre « Qui a trahi Gbagbo ? Procès de l’entourage du président » : « Novotel Plateau est le nid du banditisme organisé »

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La dédicace du livre « Qui a trahi Gbagbo ? Procès de l’entourage du président » prévue le samedi 8 novembre à Novotel, a été finalement délocalisée à la Caistab par la direction de l’hôtel qui a agi en violation des termes du contrat la liant à Monsieur Fernand Zogoué, l’auteur de l’ouvrage.
Dans cette interview, celui-ci dénonce ce qu’il considère comme un sabotage qui ne s’explique pas.

La dédicace de votre livre a été annoncée en fanfare, les démocrates attendaient le déroulement normal de cet événement pour être convaincus du retour de la paix en Côte d’Ivoire. Que s’est-il passé à Novotel ce samedi 8 novembre?

Mon livre « Qui a trahi Gbagbo ? Procès de l’entourage du Président » est maintenant sur le marché. Et pour marquer le coup, je n’ai pas lésiné sur les moyens pour l’organisation de la dédicace. Non seulement j’ai beaucoup investi dans la communication, mais aussi et surtout j’ai choisi Novotel du Groupe Accor qui domine le monde entier dans le secteur hôtelier, pour servir de théâtre à cet important événement. Après avoir rempli toutes les formalités liées à la location de la salle, j’ai signé un contrat en bonne et due forme avec la direction le lundi 3 novembre. Je croyais être à l’abri de toutes surprises désagréables, et c’est donc en toute sérénité que je préparais l’événement. A ma grande surprise, je reçois un coup de fil de la direction le vendredi 7 novembre à 11h, soit à moins de 24 heures de ma cérémonie, m’annonçant sa décision unilatérale de me retirer la salle, au mépris des clauses du contrat. « Le personnel de l’hôtel se souvient encore du drame qui s’est produit ici pendant la crise post-électorale et ne voudrait plus être témoin d’un autre. Toute manifestation dédiée à Gbagbo est interdite chez nous. Nous sommes obligés de nous résoudre à cette triste réalité pour préserver la paix dans notre établissement et assurer la sécurité du personnel », a dit Madame Méité du service commercial pour tenter de justifier une décision complaisante qui, selon elle, viendrait de la direction Côte d’Ivoire du Groupe Accor. Et aussitôt après, elle propose une délocalisation dans une salle que je n’ai jamais vue en guise de réparation des préjudices nés de cette irresponsabilité notoire de la direction de l’un des plus prestigieux complexes hôteliers du pays. Dans l’attente de la visite de la nouvelle salle, je reçois un autre coup de fil à 19 h m’apprenant le refus de ses gérants pour les mêmes motifs liés à la sécurité. C’est à 23 h et j’ai pu signer un autre contrat avec la Caistab qui a enfin accepté de me louer la salle après une très longue négociation. C’est seulement après que Novotel est intervenu pour me rembourser ce qu’il me devait afin que je puisse assurer la location de la salle Rotonde. C’est après 23 heures que je suis parti de la Caistab pour prétendre apprêter la salle avant le lendemain à 9h30. Pour moi, il s’agit d’un sabotage qui ne s’explique pas.

Pourquoi parlez-vous de sabotage alors qu’il peut bien s’agir d’incompétence. Avez-vous la preuve irréfutable de votre affirmation ?

Je parle de sabotage parce que je connais le Groupe Accor, je sais comment il fonctionne. Je ne peux pas remettre en cause son sens du devoir et de la responsabilité. Mais je pense que Novotel Plateau que je considère désormais comme le nid du banditisme organisé exploite malicieusement les comportements de certains de ses clients africains qui ne sont pas exigeants dans l’appréciation des prestations auxquelles ils ont droit. La spoliation des clients de leurs droits élémentaires est devenue légion dans cette maison qui n’a d’yeux que pour ses intérêts et qui minimise ceux des autres. Je ne peux pas comprendre l’attitude d’un responsable qui prend des engagements et qui ne les honore pas. Madame Méité avait pris l’engagement de prendre en charge mes invités qui se présenteraient à Novotel, notamment en les réorientant vers la Caistab, mais elle n’a pas daigné honorer cet engagement. Les plus chanceux ont cherché à s’informer pour découvrir la nouvelle adresse, tandis que les autres ont simplement regagné leur domicile. Comment peut-on appeler une telle action si le mot sabotage n’est pas approprié ? Ma crainte se situe au niveau de la motivation réelle de ceux qui agissent pour compromettre les autres. Je n’arrive pas à comprendre des êtres humains qui sont sans cœur. Les responsables de Novotel qui ont sûrement vu mes panneaux publicitaires à travers la ville doivent avoir une idée des investissements consacrés à l’événement. S’ils sont dotés d’une conscience, elle devrait les gronder pour leur cynisme avéré. Ils n’ont pas le monopole du cynisme, nous sommes en droit et je comptais utiliser toutes les voies de recours mais hélas...

Que comptez-vous faire face à ce que vous considérez comme un sabotage ? Et si Novotel était la face visible du saboteur ?

Je voulais saisir la Justice pour la réparation de tous les préjudices que j’ai subis en ma qualité d’auteur. Mais je ne suis pas seul, Dieu m’a donné une épouse sage qui me rappelle souvent les obligations du chrétien que je suis quand j’ai tendance à les oublier. J’ai donc décidé de pardonner et de m’en remettre à Dieu qui est le juge suprême. Cette décision n’est vraie que pour moi et non pour Les Editions Paix et Développement, la maison qui a édité le livre. Le Conseil d’Administration de cette SARL s’est réuni hier et a pris des mesures d’urgence dont la plus importante est l’assignation de Novotel en dommages et intérêts, et son avocat se présentera dans les meilleurs délais à la direction de Novotel pour lui signifier cette assignation. Pour répondre au second volet de la question, vous n’êtes pas le premier à le penser. Des amis soupçonnent le pouvoir d’avoir instrumentalisé cet hôtel, mais il m’est difficile d’y croire dans la mesure où une telle option ne présente aucun intérêt pour un pouvoir en quête de consolidation et de légitimité. A une période où le discours politique national devrait tourner autour de la réconciliation, je pense que les autorités politiques qui doivent en être conscientes, ne devraient pas investir dans les actions qui sont aux antipodes de la cette priorité nationale. Je crois simplement qu’il y a des fanatiques dans tous les partis politiques, et malheureusement ils font du zèle inutile qui est de nature à desservir le pouvoir auquel ils sont dévoués. Quand je pense à la consonance des patronymes de ceux qui ont géré cette situation et qui en sont peut-être les instigateurs, je ne me fais aucune illusion, je pense qu’il s’agit d’irréductibles d’un parti politique qui s’illustrent de la plus triste manière, pour exprimer leur haine pour Gbagbo. Sont-ils manipulés par des hommes politiques tapis dans l’ombre ? C’est possible, mais je refuse de l’affirmer sans preuve.

Poursuivre Novotel, c’est poursuivre implicitement le Groupe Accor, une puissante multinationale dont le réseau relationnel est impressionnant. En avez-vous les moyens ?

Nous sommes dans un Etat de droit, et je pars du principe que tous les justiciables sont égaux devant la loi. La SARL qui a édité mon livre n’est pas aussi riche que le groupe Accor, c’est vrai, mais c’est aussi vrai qu’elle est en position de force, et elle a le droit avec elle. D’ailleurs elle ne s’attend pas à un miracle, elle s’attend à toutes les éventualités, mais elle voudrait montrer la voie aux nombreuses victimes de Novotel qui se laissent vaincre par la résignation. Ici, le plus important, c’est attirer l’attention des Ivoiriens sur la malhonnêteté, la violation des droits de l’homme et le non-respect de la charte du Groupe Accor tels qu’ils se reflètent dans les actions de la nouvelle direction de l’hôtel. Le verdict de l’éventuel procès importe peu.

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