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05/02/2010

Désiré Gaudji, un cadre qui œuvre dans la discrétion

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Docteur d’Etat en droit public, Désiré Koudou Gaudji qui exerce actuellement la fonction de chef de cabinet du président de la Cour Suprême est l’un des cadres les plus effacés de la région du Fromager, et pourtant, il participe discrètement mais efficacement à la vie de cette région qui l’a vu naître.
Cet éminent universitaire qui était d’abord enseignant à la Faculté de Droit de l’Université de Cocody, affectionne les œuvres de l’ombre, car il ne s’engage réellement dans une action que quand elle est menée dans la discrétion. En réalité, le cadre dans lequel se poursuit le développement de la région n’est pas sain, car on le sait, ce sont les cadres qui ont les mêmes convictions politiques qui se retrouvent pour débattre de cette importante question, comme si elle était l’apanage des hommes politiques. L’environnement de ceux qu’on appelle à tort ou à raison des agents de développement de Gagnoa, est hostile à ceux qui en ont la carrure mais qui ne sont pas militants du FPI. La méfiance de ceux qui n’en sont pas membres est dès lors justifiée, car il y va de leur propre sécurité face à l’intolérance et au fanatisme.
D’ailleurs ne dit-on pas que les bété qui ne veulent pas suivre leur frère Laurent Gbagbo sont des traîtres ? Désiré Gaudji, l’enfant de Kabia qui militait au PIT, ferait les frais de cette intolérance, s’il n’avait pas créé lui-même les conditions de sa participation à la lutte pour le développement de la région, c’est-à-dire rester loin du terrain de la lutte politique et s’impliquer dans l’élaboration des stratégies d’occupation de ce terrain. Quand son expertise est sollicitée pour tout ce qui touche au développement de sa région, il n’hésite pas un seul instant. C’est vrai qu’il n’est pas connu du grand public à l’instar de tous ceux qui comme lui, se sont imposés une discipline pour ne pas se livrer comme des proies faciles aux analystes malveillants et complaisants, qui prêtent presque toujours des intentions aux hommes qu’ils ignorent sur tous les plans
L’attachement de cet intellectuel intègre aux siens, s’illustre souvent dans ses prises de position face à des situations ponctuelles qui requièrent une analyse impartiale. Le militant PIT ne soutenait-il pas assez souvent Laurent Gbagbo, alors président du FPI, quand les circonstances l’exigeaient ? Il semble même que pendant la rédaction de la nouvelle constitution, il avait été indexé par la junte militaire qui assurait la transition, comme un pion de Laurent Gbagbo, alors qu’il n’exprimait que ses convictions, son indépendance intellectuelle.
Dans ses actions très peu connues du grand public, Désiré Gaudji fait la promotion de certaines valeurs du progrès qui le rapprochent du Président de la République. C’est d’ailleurs ce qui trompe ceux qui ont tendance à lui reconnaître un penchant pour le FPI, un parti où il compte beaucoup d’amis, mais qui ne semble pas l’attirer pour autant.
Par sa grande probité intellectuelle, il dérange les adeptes de l’opacité comme il séduit ceux de la transparence. C’est sans aucun doute cette qualité qui avait favorisé sa nomination au Conseil Constitutionnel par le régime Bédié, en quête à cette époque de compétences externes. Même s’il ne le dit pas, il faut reconnaître que ce magistrat hors hiérarchie de la Cour Suprême, n’a pas toujours l’occasion d’exploiter tous les atouts qui bouillonnent en lui, et qui devraient servir au développement de son pays en général et de sa région en particulier.
C’est le lieu de reconnaître que Désiré Gaudji Koudou dont les mérites ont été officiellement reconnus par le chef de l' Etat qui l'a élevé au rang de chevalier de l'ordre national le 7 août 2007, est victime de sa propre conception de la vie, de sa rareté dans les milieux qui favorisent les nominations, et surtout de sa fidélité à ses propres idées qui l’astreignent à la réserve. Souhaitons qu’il fasse l’effort d’être plus visible dans sa région pour que son destin qui est national s’accomplisse dans les meilleurs délais, au grand plaisir des siens.

03/02/2010

Criwa Zéli s'en est allé, le Fromager pleure l'un de ses valeureux fils

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On ne le savait pas malade, car il vaquait tranquillement à ses occupations, minimisant la fatigue consécutive à de pénibles journées de travail. Criwa Zéli, le nouveau président de l’UNJCI, élu il y a seulement 9 mois, puisait dans ses ressources morales pour concilier sa fonction de journaliste (chef de rubrique) et celle plus contraignante de premier responsable de cette structure nationale. Il s’était donné le devoir de réaliser au cours de son mandat des projets révolutionnaires, notamment l’assurance maladie de ses pairs. La politique générale de ce serviteur infatigable de cette noble corporation était essentiellement axée sur la prise en charge efficiente de ses membres pour une nette amélioration de leurs conditions vie et de travail. Ses prédécesseurs qui avaient peut-être peur de s’engager dans des projets difficilement réalisables au cours de leur mandat, saluent aujourd’hui l’avènement d’une équipe collégiale et dynamique qui avançait sûrement grâce aux ambitions d’un président intrépide et refusant de reculer devant le poids de la responsabilité.
Oui, Criwa Zéli annonçait des ambitions qui paraissaient quelquefois démesurées au regard des moyens dont il pouvait disposer en comptant sur toutes les sources de financement de sa structure, mais il y croyait toujours. Car pour lui, limiter les revenus extra d’une personne physique ou morale, est assimilable à la résignation.
Le temps lui donnait toujours raison, il parvenait presque toujours à des solutions idoines. En si peu de temps, il a réalisé des exploits inattendus, édifiant par là même ceux qui avaient la malchance de limiter leur dynamisme à des actions insignifiantes. Tous ses collaborateurs auront beaucoup appris auprès de lui, car ils étaient à l’école de la vie où celui qu’il convient d’appeler leur maître, leur transmettait des connaissances qui leur seront utiles tout au long de leur carrière professionnelle.
Celui qui au départ, passait inaperçu dans ce milieu où l’on règne par sa plume et par ses relations, aura donné le meilleur de lui-même pour exprimer son amour de la profession qu’il a librement choisie. Il aura cultivé des valeurs qui résisteront encore à l’épreuve du temps et à celle des hommes. C’est donc d’un immortel qu’il s’agit.
Oui, l’œuvre de ce valeureux fils du Fromager l’immortalise, comme elle alourdit la tâche de ses héritiers qui ont désormais l'insigne devoir de la poursuivre et au besoin de l’améliorer.
Homme de devoir, Criwa Zéli voulait donner au journaliste sa notoriété compromise par des attitudes indignes de certaines brebis galeuses de cette noble profession, il voulait redorer l'image de sa corporation.
Il était en négociation avec le patronat pour que ce travail difficile et contraignant soit rémunéré à sa productivité marginale conformément à la fameuse loi microéconomique qui stipule que tout facteur de production doit être rémunéré à sa productivité marginale. Cette victoire qui est presque acquise, augmenterait le pouvoir d’achat du journalisme et le mettrait à l’abri du besoin, la meilleure façon pour lui de préserver sa dignité. Au total, celui que toute la presse nationale pleure aujourd’hui n’était pas qu’un seul simple informateur, mieux il était le catalyseur de la lutte pour l’amélioration du bien-être social des agents de la presse. C’est donc un véritable combattant de la liberté qui s’en est allé.
Ce grand professionnel accordait une partie de son temps à sa région natale. Car, on le sait, il était à tous les grands rendez-vous du développement que tous les fils du Fromager appellent de tous leurs voeux. Il était très attaché aux siens. Il pleurait avec ceux qui pleuraient et se réjouissaient avec ceux qui se réjouissaient. On s'en souvient, il s'était impliqué particulièrement dans l'organisation des obsèques de la mère de son cousin Arsène Sibailly. Le blog "Les mouvements du Fromager" présente ses condoléances à toute la presse nationale ainsi qu’à sa famille.

02/02/2010

Dano Djédjé présenté par le quotidien "l'Inter"

Un article publié par le quotidien”l’Inter”du lundi 4 mai 2009, présente le ministre de la réconciliation nationale dans toutes ses dimensions. La nouvelle publication de cet article sur ce site, est la meilleure façon d’illustrer la loyauté d’un ministre que la vie publique n’a jamais pu couper de ses racines. Les cadres de Gagnoa ont le droit d'en savoir un peu plus sur le seul fils du Fromager qui est encore au Gouvernement.

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01/02/2010

Qui suis-je?

Comme tous les surhommes et autres démiurges auto proclamés et imbus à l’excès de soi, bardé de mon PHD, j’avais promis redresser cette économie en état de déconfiture avancée et éloigner le spectre de la dévaluation, en 100 jours.
Il est vrai que la promesse avait été faite, à l’orée des années 1990, dans l’euphorie d’une nomination très valorisante : n’étais je pas le premier Premier Ministre du Sage de l’Afrique, ce cerveau politique de premier ordre ?
Cependant, quelques temps plus tard, confronté à une réalité tenace et contraint, de ce fait, à plus de lucidité, j’ai du repousser les échéances et revoir mes prétentions à la baisse : il me faudrait désormais 1000 jours pour atteindre le résultat.
Au bout du compte, débarqué de la primature, toute honte bue, je n’ai pu m’empêcher de tirer les marrons du feu : ma mission consistait, en réalité, à préparer la dévaluation et je l’ai réussie, même si certains ont tenté de s’attribuer la paternité de ce succès et de ses conséquences diluviennes.
Belle performance de sophiste que cette tentative de transformer une cuisante défaite en victoire. Qu’à cela ne tienne ! L’histoire est têtue et m’offre encore l’occasion de m’illustrer.
A la tête d’une équipe d’ économistes ultralibéraux dont je suis en ma qualité de vice président chargé de l’Afrique, de l’Asie et du moyen orient, monsieur Michel Camdessus, Président et Directeur général du Fonds monétaire international engage une politique inspirée du consensus de Washington et qui n’a de cesse de démanteler les acquis sociaux dans les pays pauvres ou en voie de développement qui ont recours à notre institution.
Les mesures d’austérité budgétaire, assorties de privatisations massives ou de réductions drastiques des dépenses publiques d’éducation et de santé, que nous avons imposées en échange des prêts aggravent des crises existantes dans certains de ces pays ou plongent les autres dans des crises sans précédent.
Les exemples du Mexique (1994), de la Thaïlande (1997) puis toute l'Asie du sud est (1997-1998), de la Russie (1998), du Brésil (1999), de la Turquie (2001) et de l’Argentine (2000-2001) sont là qui témoignent de l’inanité des politiques mises en œuvre
Notre rôle sur l'économie mondiale est unanimement condamné tant par les populations poussées inexorablement vers la pauvreté que par nos pairs qui, rompus comme nous aux subtilités de la finance internationale et de l’économie mondiale, ne s’en sont pas laissé conter.
Ainsi Rubens Ricupero, secrétaire général de la CNUCED, dans son Rapport sur le commerce et le développement, a estimé que la politique de libéralisation mise en œuvre a « provoqué le chaos en Extrême-Orient et en Russie et neutralisé les progrès accomplis en Amérique latine ». Quant à ce Joseph Stiglitz, Prix « Nobel » d’économie, notre plus farouche pourfendeur, il a mis en exergue les fautes de notre équipe dans une interview qu’il a accordée au magazine spécialisé Les Echos dans la livraison du 14 septembre 1998 en affirmant, péremptoire :
« Ce qui est grave, ce n’est pas seulement d’avoir exigé des mesures qui ont abouti à la crise ; c’est de les avoir exigées alors qu’il n’y avait pratiquement aucune preuve qu’elles favorisaient la croissance, et de multiples preuves qu’elles faisaient courir aux pays d’énormes risques ».
Au delà de ces commentaires, ce passé « glorieux » dont je partage la palme avec mon ex patron et mentor ne plaide t’il en ma faveur ?
Aujourd’hui, dans le cadre de la campagne électorale, je promets des milliards pour développer les régions : 1055 milliards de nos francs pour la seule région de l’Ouest montagneux.
Régions ? Circonscription administrative ou collectivité décentralisée ?
Ah oui ! les collectivités locales, bien sur, car je suis devenu entre temps un fervent partisan de la politique de décentralisation que je contestais et raillais naguère lorsque l’autre, l’opposant d’alors – comment s’appelle t il déjà ? – la préconisait comme le mode de gestion économique idoine pour notre pays.
A l’analyse, ma stratégie est quelque peu risquée car ces gens que je veux séduire sont certes pauvres mais pas idiots.
Et s’ils se mettent à s’interroger ?
Et s’ils se demandent pourquoi la France et les français, confrontés à la crise du pouvoir d’achat, à la récession et donc à la paupérisation galopante, n’ont pas fait appel à mon ex patron et mentor Camdessus, ce brillantissime économiste dont l’épaisseur du carnet d’adresses, certainement plus volumineux que le mien, et la dimension planétaire du réseau de connaissances et d’amitiés ou se côtoient personnes physiques milliardaires, institutions de prêts et de financements, révèlent l’immensité du champ d’influence ?
Et s’ils se demandent pourquoi, l’ex Directeur général du FMI, mon ex patron et mentor à l’expertise mondialement reconnue n’a pas été choisi pour régler des questions éminemment économiques malgré tous ses atouts inestimables, ses connaissances et son réseau ?
Et s’ils se demandent pourquoi les Français ont plutôt préféré élire monsieur Sarkozy, cet avocat sans grandes connaissances en économie, quasi inconnu sur la scène mondiale mais connaissant son pays et ses compatriotes, leurs attentes, leurs besoins, leur psychologie, capable de souffrir avec eux et de consentir avec eux les sacrifices nécessaires ?
Et s’ils apprennent que finalement monsieur Sarkozy a nommé le 17 octobre 2008 monsieur Michel Camdessus, mon ex patron et mentor, président de la Société de financement de l'économie française (SRAEC) et plus tard, soit le 25 août 2009, l’a chargé de superviser les rémunérations des traders, hérauts du capitalisme sauvage ?
Ils pourraient se dire que si les « blancs qui savent tout » n’ont pas fait confiance à un économiste aussi chevronné c’est parce que les économistes, même brillants, ne sont pas les mieux qualifiés pour diriger un pays. Surtout lorsque, comme nous au FMI, ils n’ont pu réussir dans leur domaine de prédilection.
Chacun a sa place et les vaches sont mieux gardées, dit l’adage. CQFD.
Dois je continuer à croire que les ivoiriens sont immatures et qu’ils ne savent pas que les capitalistes n’ont pas d’amis mais des intérêts ?
Mes mirobolantes promesses et ma pseudo expertise qu’aucune expérience n’a confirmée réussiront elles à les convaincre que ces capitalistes qui ne sont pas des philanthropes n’attendent que mon avènement pour déverser gracieusement des milliards en Côte d’Ivoire ?
Et s’ils m’identifiaient, in fine, à ce flatteur qui, surtout parce qu’il vient de loin, veut vivre leurs dépens en leur faisant d’alléchantes promesses qui, à l’arrivée, n’engageront que ceux qui y auront cru ?


Tiz Soya



De la servitude acceptée...à la Refondation

L’élection présidentielle qui se profile offre l’occasion de se livrer à une analyse sur le devenir de notre pays à la lumière des résultats de la gestion de chacun des principaux protagonistes qui, il est vrai, ont à un titre ou à un autre dirigé le pays.
Ce sera aussi, hélas, la foire aux promesses et aux contrevérités : le souci de vérité et d’objectivité le cédera à la volonté de s’attirer les faveurs des électeurs.
Ce sera enfin l’occasion d’éclairer nos concitoyens, appelés à désigner leur représentant en leur procurant les connaissances et moyens nécessaires pour se forger une opinion et se déterminer par rapport aux projets et programmes soumis à leur suffrage.

C’est à cette fin qu’il est apparu nécessaire d’expliciter la noblesse du concept de rupture qu’est la Refondation, en prenant le prétexte d’une polémique qui a agité le microcosme politico médiatique l’ année dernière.

En effet, dans un article intitulé « Quand la refondation devient rebfondation » le Président de l’assemblée nationale avait engagé une analyse de la situation économique et sociale que connaît notre pays depuis les profonds bouleversements politico - institutionnels nés de la crise de septembre 2002. Dans ce cadre, il avait reconnu et stigmatisé les mœurs dissolues et les prévarications des élites, « refondateurs » y compris, qui se partagent le pouvoir et ce, au détriment des masses, privées du strict minimum.

Ce discours courageux, éclairé et lucide, en rupture avec la cécité « narcissiste » du passé, n’avait pas eu l’heur d’emporter l’adhésion des contempteurs de service dont l’ire s’était étalée dans une édition spéciale, consacrée à « la gestion chaotique de la Côte d’Ivoire sous le régime FPI » publiée par un journal de la place.
Sacrée performance que celle réussie par nos intellectuels qui, pour l’occasion, avaient déserté l’Olympe du savoir, de la pensée discursive et de la mesure pour nous entrainer dans les bas fonds et sous sols des ragots, des lieux communs, des insultes et autres excès. Dommage !

Qu’importe ! Au delà de ses relents, cette littérature inspire des réflexions que l’on peut regrouper autour d’une problématique centrale : sommes-nous toujours sous l’empire de la Refondation ?

S’agissant de la Refondation, nul ne peut contester, objectivement, qu’elle a été mise en veilleuse depuis 2003.

Le régime hybride et « polycéphale » - la rebfondation, néologisme né de la contraction de rébellion et refondation qui traduit à merveille l’étrangeté de cet attelage pour le moins hétéroclite - dont est dotée la Côte d’Ivoire dans la ligne du partage du pouvoir d’Etat, inspirée des accords de Linas - Marcoussis et confirmée depuis, découle d’un compromis et n’a pas d’ objectif autre que celui de recoller les morceaux d’un pays en lambeaux. Il se distingue donc de la Refondation : ses succès, tares et échecs ne peuvent que lui être imputés.
La Refondation, socle du programme de gouvernement qui avait pour ambition de transformer radicalement la société ivoirienne, dans une perspective généreuse de partage de la prospérité, ce n’est ni la corruption, ni la violence ni la falsification encore moins l’enrichissement rapide et illicite…
- la Refondation, c’est l’assurance maladie universelle, qui recèle en son sein la garantie d’un accès aux soins de qualité pour tous ceux qui vivent en Côte d’Ivoire, sans distinction d’ethnie, de religion, de nationalité ; c’est la démocratisation du droit à la vie.
- la Refondation, c’est l’école gratuite et obligatoire, pour tous les enfants baoulé,sénoufo, agni, moré, gouro, wobè, peulh, yacouba, attié, toura, malinké,koyaka, ,grounsi, bété… vivant en Côte d’Ivoire jusqu’à la classe de troisième , promesse d’un nivellement social par le haut, au moyen de l’instruction ;
- la Refondation, c’est la décentralisation effective des compétences et des moyens pour un développement harmonieux et auto impulsé de toutes les régions du pays, aux antipodes de la vassalisation ethno régionaliste d’antan ;
- la refondation, c’est enfin, et ce n’est pas le moindre des acquis, l’émergence d’une véritable conscience nationale qui transcende tous les clivages, ethnique, religieux notamment.
Il suffit pour s’en convaincre de se remettre en mémoire cette masse informe , véritable marée humaine, s’ébranlant, en cette nuit de novembre 2004, sur les voies sinueuses de la Rivièra, en direction de la résidence officielle du chef de l’ Etat ; masse ou se mêlaient cadres , ouvriers , étudiants, élèves, jeunes ,adultes, chrétiens , musulmans, ivoiriens de toutes conditions, unis par une communauté de destin , unis par une cause éminente : protéger le destin de la Côte d’ Ivoire, protéger celui qu’ils ont librement choisi pour l’ incarner , Laurent Gbagbo.
Le souvenir de cette fillette de onze peut être moins, menant le cortège de sa voix fluette : « est ce que il peut contre mon Gbagbo ? « en ajoute à la magie de la scène.
Après octobre 2000 et la résistance populaire massive, les ivoiriens ont confirmé, les mains nues, la poitrine offerte, leur détermination à s’opposer à toute imposture et à prendre en main leur destin.
Pourquoi une telle mobilisation quand on se rappelle l’indifférence généralisée de décembre 1999 ? Pourquoi une telle abnégation au profit de cet homme issu d’un milieu pauvre, pourquoi une telle identification ?
Gbagbo se confond avec la Côte d’Ivoire et ce peuple qui a trouvé un phare, toujours brillant même au pire de l’adversité, pour le guider et le conduire vers des lendemains qui chantent, le lui rend au centuple.
L’œuvre herculéenne de refondation d’une société complexée face à l’extérieur mais surtout hiérarchisée sur une base ethnique suscite nécessairement l’opposition des propriétaires « divins », arcboutés sur leurs privilèges.

- la Refondation, c’est la construction de l’Eden par nous et pour nous.

L’élection de Gbagbo à la présidence de la République de même que la formation du gouvernement Affi n’en étaient pas les fins mais plutôt les moyens : il s’agissait de conquérir le pouvoir d’Etat pour faire « quelque chose », pour servir ses concitoyens et non pour « être quelqu’un », président ou ministres, encore moins « avoir un peuple à sa disposition ».
Aujourd’hui et depuis cette funeste nuit de septembre 2002, Gbagbo est, certes, toujours le Président de la République de Côte d’Ivoire, mais a-t-il eu les moyens de réaliser ce pour quoi il s’était soumis aux suffrages de ces concitoyens ?
La réponse ne souffre aucune ambiguïté.

Alors, diront ils, pourquoi s’est il accroché ( ?) au pouvoir au lieu que de démissionner ? Apprécions la réponse que le concerné lui-même a apportée à cette interrogation :
« Le sens du combat des Ivoiriens dans leur grande majorité, c’est précisément que la République demeure, que l’Etat continue d’exister et de fonctionner normalement à travers les Institutions qu’ils se sont librement données et les personnes qu’ils ont choisies tout aussi librement pour les incarner ».

Seul l’iconoclaste Gbagbo pouvait produire une profession aussi puissante, digne des philosophes des Lumières. Cette profession, sans compromission, intransigeante sur les principes, révèle la mystique fondamentale de la République : le pouvoir appartient au peuple souverain qui le confie à une personne et ni le recours aux armes ni les pressions et oukases de la Communauté internationale n’y peuvent changer grand chose.
C’est pour contribuer à l’enracinement des notions de République et de démocratie, contribuer à forger la conscience émancipatrice du peuple et, in fine, faire la preuve, une bonne fois pour toute, de l’inanité et de la vacuité des modes anticonstitutionnels d’accession au pouvoir, que Gbagbo a accepté, stoïquement, de sacrifier sa foi et ses rêves, en demeurant président .CQFD.

Au total, le temps d’exercice effectif du pouvoir, 24 mois, n’est pas suffisant pour dresser un bilan significatif de la Refondation
Le Sage a dit : « on ne juge pas au départ mais à l’arrivée » ; pour les juger, messieurs, il eût fallu les laisser aller jusqu ‘au terme de leur mandat. Mais à la vérité, ce départ ! Ah ce départ ! Et ce début d’année 2002 qui a suscité tant d’inquiétudes dans les états major politiques d’Abidjan – sur Seine…une vraie fusée.

Tiz Soya