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15/02/2017

Professeur Adama Diawara, l'agent de développement sans frontières

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Un agent de développement, c’est celui qui fait fi de ses convictions politiques pour mener des actions concrètes convergeant vers le développement d’une région même si ce n’est pas la sienne. Originaire du Nord, Adama Diawara, le conseiller du Président de la République chargé de l’éducation, de la formation, et de la recherche scientifique, se fait remarquer dans toutes les régions en appuyant les actions de développement venant généralement des mutuelles et autres outils de développement animés par leurs fils.
C’est donc dans cette optique qu’il a accepté d’être le parrain du Festival des Arts et de la Culture du Guémon (Festival Ablidé), organisé par Waraprod, une structure de production spécialisée dans l’assistance des artistes en général et de ceux du Guémon en particulier. Cette grande fête qui a mobilisé les autorités les plus représentatives de ce département a commencé le vendredi 10 pour prendre fin le samedi 11 février. Offrant aux populations de Facobly une occasion inespérée de renouer avec les masques et les différentes danses qui font la richesse de la tradition Wé. Aux dires des organisateurs, le parrain qui est aussi le secrétaire national à l’éducation nationale et à la recherche scientifique du RDR, a été le principal financier de ce grand rendez-vous de la culture pour apporter la preuve qu’avant d’être une personnalité politique, il est un agent de développement, ce qui suppose qu’il a l’obligation de franchir les frontières de sa famille politique pour être un soutien déterminant des outils de développement à travers le pays.
Dans son discours qui a été très apprécié, il a donné les raisons de son engagement auprès des développeurs régionaux. « Même si les pouvoirs publics ont l’apanage de la recherche des grands équilibres macroéconomiques, les initiatives privées qui sont des appoints nécessaires aux actions du Gouvernement, doivent œuvrer au moins pour l’amélioration des indicateurs du bien-être social », a dit le parrain pour exhorter ses filleuls à plus de dynamisme. Poursuivant, le Professeur Diawara Adama, le premier responsable de la physique de l’atmosphère en Côte d’Ivoire, a dévoilé le sens réel de son combat qui l’a rapproché des fils du Guémon. Pour lui, à une période exceptionnelle où le discours politique national tourne autour de la relance des potentialités de croissance pour résister à la crise économique mondiale qui est plus durement ressentie dans les pays en voie de développement, les Ivoiriens doivent être plus imaginatifs pour suppléer à l’Etat là où son action s’avère inefficace ou insignifiante. La culture étant le levier de l’industrie touristique, investir dans la revalorisation du patrimoine culturel, c’est le meilleur moyen de relancer cette potentialité de croissance qui contribuait par le passé à renflouer les caisses de l’Etat, et dont l’essoufflement a aggravé le marasme que connaît l’activité économique nationale. Convaincu que la culture est le meilleur facteur de rapprochement des peuples, il a suggéré aux organisateurs d’être plus dynamiques aux prochaines éditions, en invitant des promoteurs de la culture des autres régions afin qu’ils s’inspirent du modèle du Guémon pour combler d’éventuelles insuffisances.
Pour terminer, le parrain qui est désormais un fils du Guémon, a pris l’engagement d’assurer la large médiatisation de cette belle fête pour provoquer un sursaut d’orgueil dans les régions où le patrimoine culturel disparaît sous les yeux des populations qui se sentent incapables d’y réagir, comme pour monter qu’elles avouent leur incapacité à gérer le riche héritage de leurs ancêtres. Il est encore attendu dans les prochaines semaines dans le Gô. Force est de reconnaître que par son combat le Professeur Diawara prépare le terrain de la vraie réconciliation que tous les Ivoiriens appellent de tous leurs vœux.

13/02/2017

A la découverte d’un agent de développement qui œuvre dans la discrétion

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Cadre émérite de la Jeunesse RDR du Gô, Kamaté Issiaka a la particularité de se confiner dans la discrétion, il affectionne donc les œuvres de l’ombre qui font de nombreux heureux à Gagnoa, sa ville natale. Ses amis d’enfance qui ne jurent que par lui, sont les premiers témoins de cette générosité sans frontières.
Là où les autres cadres accordent des faveurs inespérées à la seule Jeunesse de leur famille politique, le DAF de la plus importante structure de la filière du riz en Côte d’Ivoire, a plutôt la réputation de faire fi des convictions politiques pour que ses actions qui s’adressent à tous les jeunes de ce département dans leur diversité, atteignent leur cible. Plusieurs fois déjà, il a offert à des organisations de la Jeunesse de certains villages des différentes localités administratives, ce qu’on croit être des privilèges relatifs, alors que le bienfaiteur lui-même les considère plutôt comme des gestes naturels dictés par le cœur. Il n’agit qu’à la seule condition que la discrétion soit assurée, c’est-à-dire qu’on n’entende pas son nom son nom sur la place publique.
« Ici, dans le Gô, l’hospitalité et la générosité sont les choses les mieux partagées, je n’innove pas en répondant à l’attente de ceux que je côtoie depuis mon enfance, et qui me sollicitent d’une manière ou d’une autre dans des circonstances particulières. Je me comporte ainsi simplement comme un fils du Gô. Par contre, vouloir me célébrer pour si peu, c’est que je refuse dans la mesure où cela n’aurait aucun sens ». A-t-il l’habitude de dire à ceux qui veulent faire sa promotion politique en ignorant les contraintes auxquelles il est soumis. En réalité, Chaka comme l’appellent les intimes, est un cadre prudent, il craint que certaines de ses actions ne soient mal interprétées et ne causent des effets pervers qui seraient préjudiciables à une famille politique hiérarchisée où les attributions de tous les acteurs sont clairement définies. Il ne voudrait pas commettre la maladresse de faire ombrage à ceux qui l’ont nommé pour qu’il contribue sous leur direction à relever de grands défis au plan régional. Sachant que la réconciliation est le présupposé de la consolidation du pouvoir, il est déjà à la tâche, lui qui travaille à la normalisation des relations entre la Jeunesse de son parti et celle du FPI. Grâce à lui, les jeunes des deux familles politiques se voient et se parlent. Le moment venu, l’on trouvera un cadre formel pour l’aboutissement de toutes ces actions politiques qui visent la véritable réconciliation, le terrain étant déjà préparé à une telle éventualité. Kamaté Issiaka est le choix de la Jeunesse d’un village du canton Gbadi de la Sous-préfecture de Ouragahio, pour parrainer sa cérémonie d’investiture, en attendant sa réponse qui devrait intervenir dans les prochains jours, ses hôtes préparent avec la plus grande détermination ce grand événement.

02/02/2017

Mme Solange Tohouri Aziallo (Présidente de la Fondation Marcel Aziallo):"J'ai créé un cadre juridique pour m'adapter à l'évolution de la société"




Madame Solange Tohouri Aziallo est présidente de la Fondation Marcel Aziallo. Dans cette interview, elle parle du combat qu’elle menait avec son défunt époux, et qu’elle poursuit désormais dans un cadre juridique approprié. A travers des actions concrètes, elle dévoile le sens réel de son combat.

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21/12/2016

Que Veut Kakou Guikahué dans le Gôh?

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Depuis quelques temps une bande de délinquants faisant office de journalistes, s’acharnent impunément sur Joachim Djédjé Bagnon, Président du Conseil Général du Gôh. Ces hommes sans foi ni loi, opèrent généralement sur les réseaux sociaux pour intoxiquer les cadres du Gôh qui ont un penchant pour le premier agent de développement de la région, qu’ils appellent affectueusement papa. Des actions ignobles sont imaginées et lui sont attribuées à tort. De ces allégations mensongères qui sont le seul fondement de la sévère sanction que son parti vient de lui infliger, il ressort qu’il aurait financé des candidatures indépendantes pour nuire aux intérêts de Maurice Kakou Guikahué lui aussi candidat pour la première fois, qui serait selon certaines indiscrétions son ennemi juré dans le Gôh. Alors qu’il n’y a pas longtemps, les deux hommes qui sont issus de la même famille politique, fumaient le calumet de la paix. De quoi s’agit-il exactement ?
Maurice Kakou Guikahué, un ancien ministre par défaut qui a été chassé comme un malpropre du Gouvernement Bédié, après s’être rendu coupable d’un détournement de 18 milliards de nos francs provenant de l’Union Européenne, sort de sa longue traversée du désert. Pour toute consolation, il reçoit une petite parcelle du pouvoir interne, car on le sait, il est désormais le secrétaire exécutif du PDCI-RDA, doublé du secrétaire général du Conseil Economique et Social. Loin de l’abondance qui l’entraînait régulièrement dans les salons feutrés propices au gaspillage systématique d'argent, l’ancien ministre de Bédié est aussi nostalgique des fonds secrets qui lui permettaient de financer ses virées nocturnes dans les endroits mondains les plus célèbres à travers le monde. N’est-ce pas cet inconscient qui s’est permis de casquer des millions en une soirée à l’Alizée, un club privé du 15e arrondissement de Paris? Avec son cousin Marcellin Bohui qui lui servait de guide touristique, il aura gaspillé l’argent du contribuable ivoirien surtout à Eurodisney, un parc d’attraction de Marne-La-Vallée. A défaut de redevenir ministre pour renouer avec des habitudes plutôt lugubres, le noceur impénitent voudrait se contenter du Conseil Général du Gôh pour les besoins de la cause. Son pion Bodi Théodore qui était le vice-président de cet outil de développement était en mission pour saborder la noble mission conduite par Djédjé Bagnon. Après des manœuvres répétées qui devraient conduire à la chute du maître des lieux, il a été épinglé et démis de ses fonctions. Dès lors, on assiste à une bataille rangée entre deux camps. Celui de l’anarchie, dirigé par Kakou Guikahué qui veut parvenir par tous les moyens aux commandes de cette institution régionale et qui n’exclut pas la violence, et celui de la résistance, conduit par Djédjé Bagnon qui voudrait colmater les brèches pour résister à la bourrasque.
Fort de sa qualité de dirigeant influent du RHDP, le naïf de Djikouéhipalégnoa compte sur l’appareil du parti pour atteindre à l’usure sa cible. La suspension de Djédjé Bagnon de toutes les activités du parti, n’est que la conséquence de toutes les manœuvres multipliées par son bourreau qui n’est qu’à la première étape, la seconde étant sa radiation pure et simple d’un parti qui semble prospérer dans la manipulation de ses cadres.
Nous savons tous que Guikahué peut gagner cette autre étape de son combat singulièrement absurde, mais réussira-t-il pour autant à prendre gracieusement un poste électif pour peu qu’il soit le secrétaire exécutif du PDCI-RDA ?
La réaction à une telle imposture ne relèverait plus de l’élu mais plutôt des électeurs qu’on frustrerait par cette éventualité inimaginable. Et cette réaction imprévisible peut compromettre cette paix si fragile dans le Gôh.
Diantre, pourquoi le PDCI-RDA qui se veut démocratique, fait-il la promotion d’un cadre très peu représentatif, dont l’image ne passe auprès des leaders d’opinion du Gôh ?
Parce qu’il en est conscient, Kakou Guikahué n’a jamais songé à briguer un poste électif au risque de se livrer comme une proie facile à ses ennemis qui sont majoritaires dans la région. Pour une fois où il a eu l’extrême courage d’être candidat, il a usé de fraudes massives pour se faire élire. Les populations du Gôh continuent de dénoncer cette victoire entachée d’irrégularités qui semble galvaniser ce camp qui se croit déjà aux portes du Conseil Général, et c’est le lieu d’avouer qu’on peut rêver même debout, mais tous les rêves ne sont pas prémonitoires, et Guikahué et ses acolytes l’apprendront bientôt à leurs dépens.

28/02/2016

Pasteur Badiel, la disparition inopinée d’un véritable serviteur de Dieu

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24/02/2016

Interview de Fernand Zogoué

Fernand Zogoué (Auteur du livre « Qui a trahi Gbagbo ? Procès de l’entourage du président »:
« Les révélations du procès de Gbagbo ont été annoncées dans mon livre »

Un peu plus d’un an après la dédicace controversée de son premier livre intitulé « Qui a trahi Gbagbo ? Procès de l’entourage du président », Fernand Zogoué rompt le silence à l’occasion du lancement de la distribution de cet ouvrage inédit que les démocrates attendent. Dans cette interview exclusive, il le présente en insistant sur la prémonition qui le caractérise.

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28/10/2015

Interview Miaka Ouretto (9 Janvier 2012 dans le journal "Paix et Développement")

Miaka Ouretto était un homme courageux, il l’avait encore démontré dans son interview de janvier 2012 qu’il avait accordée à Fernand Zogoué, directeur de publication du journal « Paix et Développement » au plus fort des exactions du régime de Ouattara. Dans cette interview exclusive qui avait été reprise par plusieurs journaux, il avait craché ses vérités aux nouvelles autorités d’Abidjan qui, selon lui, fuyaient leurs responsabilités. Nous vous la proposons en intégralité.

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12/06/2015

Visite d'Etat du chef de l'Etat dans le Gô

N’GUESSAN-ZEKRE explique tout

La visite d’Etat du Président de la République dans le Gô est imminente, et Alexis N’Guessan Zékré qui pilote cet important événement a bien voulu se confier à l’Inter. Dans cette interview exclusive, il parle de son long parcours d’agent de développement au service de sa région, de ses rapports fraternels avec les autres cadres du Gô, et des actions collectives qui convergeraient vers la réussite totale de cette visite d’Etat.

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15/05/2015

Appel d'Alexis N'GUESSAN-ZEKRE pour le développement de Gagnoa

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Leader du RDR à Gagnoa, Alexis N’Guessan-Zékré est aussi un agent de développement de la Région du Go qui a une particularité. A la différence de ceux qui investissent dans la propagande et qui ne ratent pas la moindre occasion de paraître, il affectionne les œuvres de l’ombre qui selon lui, sont d’une efficacité incontestable.
Célèbre dans le milieu universitaire pour avoir formé d’éminents économistes qui font aujourd’hui la fierté de notre pays, et jouissant d’une bonne réputation dans les plus hautes sphères de la finance internationale, il demeure peu connu du grand public de sa région qui lui reproche sa manière singulière de communiquer ou d’occuper le terrain politique où on ne le voit qu’à la faveur des événements politiques, religieux ou culturels. Cet enseignant qu’on ne présente plus dans les facultés de sciences économiques à travers le monde, reconnaît que ses différentes stratégies de conquête ne sont pas appréciées par ses frères et sœurs qui devraient lui servir de levier dans la poursuite de ses objectifs fondamentaux. Il reconnaît aussi que sa présence à tous les rendez-vous du développement de sa région ne suffit pas à bâtir la réputation dont il a besoin pour mobiliser davantage conformément à sa mission.
Enrichi par tous les enseignements de ses propres stratégies et prenant en compte tous les reproches de ses parents, Dr Alexis N’Guessan-Zékré voudrait se remettre en cause pour repartir sur de nouvelles bases. Et son appel relatif à la prochaine visite du Chef de l’Etat est la manifestation visible de cette volonté politique.
Ici, il voudrait que tous les cadres de Gagnoa fassent fi de leurs convictions politiques pour s’unir autour du développement qui est leur chose commune. Comme tous les départements de Côte d’Ivoire, Gagnoa est une grosse victime des disparités régionales qui résistent aux hommes et au temps. Même si la correction de ces disparités est la plus grande préoccupation des pouvoirs publics, force est de reconnaître que l’union et la solidarité des cadres serait le gage de l’efficacité de l’action gouvernementale.
La nouvelle mission qui consiste à mobiliser les agents de développement originaires de Gagnoa pour qu’ils s’impliquent dans les actions de développement de leur département, est très mal comprise par ceux qui estiment qu’il y a déjà des outils de développement animés par des leaders d’opinion choisis parmi les plus représentatifs du département. Pour cette catégorie d’analystes, une telle mission devrait échoir aux collectivités décentralisées et aux brillants cadres qui les dirigent plutôt qu’à un responsable politique local fut-il du parti au pouvoir.
La réponse de l’expert financier est sans ambages, ses relations personnelles avec le chef de l’Etat peuvent influencer positivement les décisions en faveur de Gagnoa. Car il le dit lui-même, à toutes les rencontres avec ce dernier, le développement de Gagnoa a été toujours au centre de leurs entretiens. Il peut donc s’agir d’une dette morale que le président de la république aurait vis-à-vis de l’un de ses plus fidèles collaborateurs. Et il est bien évident qu’il ne s’acquitterait de cette dette qu’envers lui et lui seul. Et d’autre part, personne ne peut percer le mystère qui existe entre deux personnes qui se côtoient depuis plus de deux décennies.
Au total, Alexis N’Guessan-Zékré bénéficie d’un privilège auprès du Président Alassane Ouattara, et il voudrait le mettre au service de son département, il faut donc le soutenir dans sa démarche et accepter de l’écouter le mardi 19 mai prochain à 17h, à la Chambre de l’Agriculture. Le développement de notre département en dépend.
Alexandre Gnahoré

27/01/2015

Hommage à Jérôme Bro-Grébé

La cheville ouvrière de la BCEAO

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Jérôme Bro-Grébé, l’éminent économiste qui a gravi les échelons de la BCEAO pour terminer une riche carrière professionnelle à l’UEMOA, était à la fois la fierté de son pays qu’il a su représenter dignement dans les plus hautes sphères des finances internationales, et celle de sa région qui ne jurait que par lui.
D’où vient donc que les mérites du technocrate de la BCEAO se sont substitués à ceux d’un modèle qui aura vaincu les aléas du système éducatif public ivoirien, pour s’offrir un brillant cursus scolaire et universitaire ?
En effet, à une époque où le secteur agricole employait la frange la plus importante de la population active de notre pays, les modestes salariés des autres secteurs d’activité de l’administration coloniale, jouissaient de quelques privilèges. Jérôme Bro-Grébé, le fils de François Bro-Grébé, salarié de son état, aurait bien pu profiter de ces privilèges, s’il n’avait été trop tôt orphelin. Après le décès de son père, il n’avait plus que sa sœur Hélène à laquelle il était d’ailleurs attaché, pour l’épauler dans ses études, car n’ayant aucune attache dans la grande Famille Gnaoré Gbésséhio à laquelle il appartenait et qu’il avait fini par rejoindre longtemps après. Conscient de sa condition sociale, l’élève qui était en pension complète chez les Awéli, réussit à se faire remarquer par ses excellents résultats au cycle primaire et au premier cycle de l’enseignement secondaire, pour se retrouver parmi les meilleurs du Lycée Technique d’Abidjan où il avait d’ailleurs rencontré l’âme sœur Géneviève qui devait devenir par la suite son épouse, sa complice, et beaucoup plus tard à l’origine de la popularité des Bro-Grébé à l’échelle nationale. Etudiant en sciences économiques du temps où les étudiants étaient encore rares dans le pays, il découvrit ses parents de Kpapékou qui se sentaient honorés d’avoir en lui un fils promis à un bel avenir. En un temps record, il décrocha sa maîtrise en sciences économiques qui lui permit d’embrasser une carrière professionnelle bien fournie à la BCEAO où il se fit distinguer encore une fois par ses mérites.
Pour comprendre les mérites des autorités monétaires qui ont la mission essentielle de garantir l’équilibre sur le marché de la monnaie, il faut remonter à l’offre et à la demande de monnaie qu’elles doivent égaliser, alors que les deux données ne sont pas de la même nature. La demande qui est exprimée par les agents économiques pour diverses raisons, notamment la spéculation, la préférence de la liquidité, est maîtrisable et constitue de ce fait une donnée endogène. Alors que l’offre qui échappe à la compétence de ces autorités monétaires est considérée comme une donnée exogène. Egaliser ces deux données est quasiment impossible et relève d’un véritable miracle. C’est ici qu’on apprécie à juste titre la mission de ceux qui sont assez imaginatifs pour ne laisser l’économie dans une situation ni trop inflationniste, ni trop déflationniste.
Oui, les économistes de la BCEAO qui mettent les états membres à l’abri de l’inflation d’origine monétaire sont incontournables pour la santé des économies nationales. Dans cette banque d’émission fermée aux compétences extérieures, les économistes principaux sont soumis à l’obligation de réserve, et considèrent la solidarité comme la chose la mieux partagée. L’on comprend donc pourquoi les exploits personnels qui devraient assurer la célébrité de leurs auteurs, sont attribués à l’institution bancaire et à ses grands décideurs qui sont les seuls à connaître les cerveaux de la maison. Jérôme Bro-Grébé en était un, mais c’était malheureusement un secret de la maison. Il n’avait été révélé au grand public qu’à l’occasion de l’affaire Dioulo. On s’en souvient, dans une de ses déclarations solennelles, Lamine Diabaté, alors gouverneur de la BCEAO avait cité l’économiste principal Jérôme Bro-Grébé comme celui qui avait la lourde charge de gérer ce dossier brûlant de la République. Sans le vouloir et peut-être sans le savoir, le gouverneur venait de trahir un serment en vantant implicitement les mérites d’un de ses plus proches collaborateurs, et il n’en fallait pas plus pour que celui-ci devînt célèbre au plan national. Les missions de l’enfant terrible de Kpapékou dans les Institutions de Bretton Woods ne se comptaient plus, et contribuaient à renforcer la qualité de cheville ouvrière de la BCEAO, qui lui était attribuée au regard de ses exploits exceptionnels qui convergeaient vers les plus grandes ambitions de cette banque d’émission. Croulant sous le poids des mérites, il avait désormais le profil qui pouvait lui assurer un poste ministériel, mais encore fallait-il qu’il fût un militant influent du PDCI-RDA, le parti unique qui avait ses propres critères de sélection et de promotion.
Une nouvelle aventure devait commencer pour lui, loin de ses atouts de la BCEAO, et dans un environnement où les loups étaient sans pitié pour les agneaux. Inconnu et inexpérimenté sur le terrain de la lutte politique, Jérôme était face à un problème de choix entre le réseau de son épouse Géneviève dont les privilèges étaient liés à ses origines nobles, et celui de sa région aux côtés de nombreux faucons savourant des faveurs inespérées et imméritées. Il sollicita et obtint le parrainage de Laurent Didi Langui, un des barons du Fromager qui se trouvait être son proche parent. Les armes qui avaient assuré la célébrité de l’éminent économiste s’étaient avérées inefficaces sur le terrain de la lutte politique, contraignant celui qui devrait être le guide de ces suiveurs moutonniers qui faisaient office de dirigeants, à supporter leurs caprices. Commis à de basses besognes par la seule volonté de ses nouveaux maîtres, le dignitaire de Kpapékou aura connu une carrière politique aussi médiocre que ses encadreurs. Et pourtant, il avait les moyens de réussir en politique, mais sûrement pas dans un parti où les critères de promotion sont à la discrétion d’un groupuscule de parvenus versant des primes à la médiocrité. Cette expérience amère aura conduit Jérôme Bro Grébé à haïr le PDCI-RDA, ses acteurs, et le copinage comme moyen de promouvoir les cadres. Mais pour sa propre sécurité, il n’avait aucun intérêt à exprimer cette haine.
L’avènement de Laurent Gbagbo fut une aubaine pour les technocrates en général et pour celui qu’il convenait d’appeler un oublié du régime qui l’avait pourtant révélé aux Ivoiriens, Jérôme Bro-Grébé.
Alors qu’il était le représentant du Gouverneur de la BCEAO à l’UEMOA, il fut promu commissaire de la Côte d’Ivoire, chargé des fonds structurels et de la coopération internationale de cette institution sous-régionale par le Président Gbagbo, en remplacement d’Eugène Yai. Poste qu’il occupait quand les impérialistes de ce monde des injustices ont mis fin au régime de Gbagbo.
Mieux placé pour comparer les deux derniers régimes ivoiriens, le commissaire de l’UEMOA qui était le témoin de la recrudescence de la criminalité liée à la crise post-électorale, n’avait pas osé mettre sa sécurité en péril en choisissant de rentrer en Côte d’Ivoire pour y vivre une retraite dorée.
Pillards et vandales avaient causé d’énormes préjudices à sa famille, laissant sa résidence des Deux Plateaux Vallons et l’officine de sa fille aînée dans un état abominable. C’était là un véritable avertissement pour Géneviève Bro-Grébé qui était dans le collimateur de Ouattara pour son soutien au régime de Gbagbo que le nouveau chef de l’Etat assimilait à une action subversive.
De nombreux analystes s’interrogent encore sur l’option jugée suicidaire de l’expert financier, c’est-à-dire sa décision de demeurer à Ouaga, parmi les alliés du nouveau régime d’Abidjan qu’il semblait craindre, pendant que les autres exilés politiques vivent en toute sécurité au Ghana. Ici, on pourrait penser que l’illustre candidat à l’exil avait préféré le mal au pire, le pire étant la cohabitation avec ceux qui sévissaient hier dans la moitié Nord du pays et qui exercent aujourd’hui le pouvoir d’Etat. C’est le lieu de reconnaître qu’en l’absence de son médecin personnel résidant à Abidjan, ce réfugié politique était exposé à l’insécurité sanitaire. Force est de reconnaître qu’une banale crise qui aurait bien pu être vaincue par son médecin qui le connaissait mieux, a fini par l’emporter, au grand regret des siens.
Le décès inopiné de cette haute personnalité proche de Laurent Gbagbo dans des circonstances mystérieuses, est la nouvelle preuve que les effets de la crise post-électorale défient le temps comme ils ruinent l’espoir des Ivoiriens qui appellent la réconciliation nationale de tous leurs vœux.
Fernand Zogoué (fzogoue@yahoo.fr / Tél : 08080390)